La Grèce a demandé vendredi l’activation du mécanisme d’aide de l’Union Européenne (UE) et du Fonds Monétaire International (FMI) qui «est un besoin national», a annoncé le Premier ministre grec Georges Papandréou en direct à la télévision.

«L’activation du mécanisme (d’aide UE-FMI) est un besoin national, et pour cette raison j’ai donné l’ordre au ministre des Finances (Georges Papaconstantinou) de faire toutes les actions nécessaires, a dit Georges Papandréou.

«Nos partenaires feront le nécessaire pour nous offrir un port sûr pour permettre de remettre notre navire à flot et envoyer le message aux marchés que l’Union européenne ne joue pas et qu’elle protège l’euro», a-t-il dit.

Georges Papandréou a fait cette déclaration de l’île de Kastelorizo en mer Egée où il s’est rendu vendredi pour une visite prévue de longue date.

Le plan d’aide à la Grèce de la zone euro et du FMI prévoit des prêts de l’ordre de 45 milliards d’euros à un intérêt autour de 5%. L’annonce de ce recours intervient au lendemain de la révision à la hausse par Eurostat du déficit grec, à 13,6% du PIB, contre 12,9% chiffrés jusque-là, qui a entraîné une forte tension sur les marchés financiers, tandis que l’agence de notation Moody’s abaissait la note de la Grèce d’un cran, à A3.

Les responsables grecs ont commencé à discuter mercredi avec des experts du FMI, de la Commission européenne et de la BCE, des détails techniques de l’activation de ce mécanisme pour sortir le pays de sa crise financière sans précédent.

Georges Papandréou avait multiplié ces derniers jours les signes indiquant qu’il s’apprêtait à demander l’aide UE-FMI. «Si l’intérêt du pays impose d’utiliser le mécanisme de soutien, nous le ferons sans hésitation», avait-il dit lundi.

Un traitement «rapide»

Le traitement de la demande de la Grèce pour bénéficier du mécanisme d’aide de la zone euro et du Fonds monétaire international se fera «d’une façon rapide». Un porte-parole de la Commission européenne l’a assuré vendredi. «Tout ça va se passer d’une façon rapide et efficace», a assuré Amadeu Altafaj, le porte-parole de la Commission pour les affaires économiques. «Nous ne prévoyons aucun obstacle».

«Ceci a déjà été balisé par l’Eurogroupe», le forum des ministres des Finances de la zone euro, et «nous allons activer la séquence prévue», a-t-il dit. Il a rappelé que la Commission devait d’abord, en contact avec la Banque centrale européenne, «émettre un avis sur la nécessité d’activation» du plan d’aide, puis «ce sera l’Eurogroupe qui décidera formellement de l’activation».