D’une «disruption» à l’autre. Sitôt les listes municipales déposées à Grenoble jeudi soir – date limite pour les 35 000 communes de France qui éliront leurs maires les 15 et 22 mars – les jeunes du quartier de la Villeneuve ont éclaté de rire au téléphone. Nous les avions rencontrés en décembre, alors que l’incertitude planait encore sur la nouvelle tentative de retour de l’ancien maire Alain Carignon (1983-1995). Mais l’intéressé, symbole des affaires politico-financières de la droite française dans les années 1980 et figure de la nouvelle génération de dirigeants français, a montré qu’il demeurait coriace. Sa liste «Alain Carignon et la société civile» est désormais vent debout contre la municipalité écologiste sortante dirigée par Eric Piolle, élu en 2014.

«Il a tenu bon, chapeau. Au moins, il a du cran», rigole Eric, un passionné de foot de la Villeneuve. L’intéressé acquiesce. «J’ai payé ma dette. J’ai l’expérience pour juger. Ces Verts sont en réalité d’extrême gauche, lâche celui qui fut ministre de la Culture et fut incarcéré deux ans (1996-1998) pour corruption et abus de biens sociaux. Ils prétendent que Grenoble est leur vitrine alors qu’ils en ont fait une forteresse du dogmatisme écologique. Leur gestion: c’est la pauvreté généralisée avec plus de pistes cyclables.»