france

Grève à Air France: les pilotes rejettent la nouvelle proposition de la direction

La direction a annoncé la suspension provisoire du projet à l’origine de la grève des pilotes, entamée lundi dernier et qui coûté de 10 à$ 15 millions d’euros par jour. Mais les pilotes ont finalement rejeté la nouvelle offre. 48% des vols sont annoncés pour ce mardi

Mise à jour 14h30: les syndicats de pilotes d’Air France rejettent la nouvelle proposition de la direction

La direction d’Air France a annoncé lundi qu’elle suspendait jusqu’en décembre son projet de développement de sa filiale low-cost Transavia et allait proposer aux syndicats un plan global de «sortie de crise», au huitième jour d’une grève très suivie.

Selon des sources syndicales, le PDG du groupe Air France-KLM Alexandre de Juniac a annoncé cette suspension devant le comité central d’entreprise réuni lundi matin à Paris. La direction communiquera avant 14H00 sur le «schéma global de sortie de crise» qu’il propose, a-t-on appris par ailleurs de source proche du dossier.

Les syndicats étaient de leur côté réunis en assemblée générale et le SNPL (syndicat majoritaire chez les pilotes avec 70% des voix) a indiqué qu’il ferait connaître sa position en début d’après-midi lors d’une conférence de presse.

La grève à Air France est entrée lundi dans sa deuxième semaine, avec une mobilisation toujours aussi forte des pilotes, six avions sur dix restant bloqués au sol.

Samedi, le principal syndicat de pilotes, le SNPL AF Alpa, avait annoncé la reconduction du mouvement jusqu’au vendredi 26, sans exclure d’aller au-delà si la «situation de blocage» persiste.

Le plus long conflit depuis 1998

Le conflit chez Air France est d’ores et déjà le plus long depuis le mouvement social de 1998, qui avait duré dix jours.

Il trouve sa source dans le projet de la direction de développer la filiale à bas coûts Transavia, dont les pilotes craignent qu’il débouche sur un «dumping social» et des «délocalisations» au détriment des emplois français.

Le gouvernement français a multiplié ces derniers jours ses appels à la fin du conflit. «Clairement aujourd’hui, il faut que le travail reprenne», a martelé lundi le secrétaire d’Etat aux Relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, à la radio Europe 1.

«Frustration et mécontentement»

Son homologue chargé des Transports, Alain Vidalies, avait réclamé la veille «un compromis» entre direction et syndicats. Dès la semaine passée, le Premier ministre Manuel Valls avait appelé en vain les pilotes à «arrêter» leur grève, selon lui «pas comprise».

«Il faut avoir une démarche positive dans cette situation. Sinon, je pense que c’est le sort de la compagnie qui peut être en cause», a averti M. Vidalies, rappelant qu’Air France est, comme les autres compagnies aériennes historiques, confrontée à la vive concurrence des low cost et est «financièrement fragile».

Le PDG d’AF-KLM a chiffré le coût du mouvement à «10 à 15 millions d’euros» par jour pour la compagnie, qui «sort à peine la tête de l’eau».

Excuses aux clients

«C’est une grève qui commence à devenir interminable», a déploré ce week-end une association de défense de voyageurs, en soulignant le risque pour la compagnie de «perdre à l’avenir des parts de marché» parce que ses clients «préfèreraient aller ailleurs».

Air France a réitéré ses excuses à ses clients, disant dans une lettre partager leur «frustration» et «mécontentement». Elle conseille à ses clients ayant réservé un vol jusqu’au 26 septembre de «reporter leur voyage, ou changer leur billet sans frais».

Les syndicats de pilotes ne s’opposent pas au projet de Transavia, mais aux conditions prévues par la compagnie pour développer la filiale.

Pour faire face à la concurrence, le groupe AF-KLM veut développer la flotte de cette compagnie en France en attirant des volontaires d’Air France. Il veut aussi ouvrir de nouvelles bases Transavia en Europe dès 2015, avec des pilotes sous contrats locaux.

Publicité