Le personnel navigant commercial de la première compagnie aérienne allemande avait déjà débrayé vendredi, à l’appel de son syndicat Ufo sur fond d’échec de négociations salariales entamées depuis plusieurs mois.

Le nouveau mouvement mardi a provoqué l’annulation de 217 des 370 vols prévus à l’aéroport de Francfort, le principal nœud aérien de Lufthansa, où la grève a duré huit heures. Il s’agissait essentiellement de courts et moyens courriers, 16 longs courriers ont toutefois dû être annulés aussi.

A l’aéroport berlinois de Tegel, où la grève a duré de 3H00 GMT à 11H00 GMT, l’impact était moindre, avec 15 annulations sur 39 vols Lufthansa prévus.

A Munich, où la grève a démarré à 11H00 GMT et devait durer jusqu’à 22H00 GMT, Lufthansa espère pouvoir assurer les trois quarts des 450 vols prévus, grâce à ses filiales non affectées par la grève.

Un porte-parole d’Austrian Airlines a ainsi indiqué que davantage de vols étaient programmés en direction de ces trois aéroports pour absorber en partie le flux de passagers.

Comme annoncé par Ufo, syndicat qui revendique l’adhésion d’environ deux tiers des quelque 18’000 hôtesses et stewards de la compagnie, le mouvement est de plus grande ampleur que celui de vendredi, limité à l’aéroport de Francfort et qui avait duré huit heures. Des centaines de vols avaient déjà été annulés.

La compagnie aérienne et Ufo s’accusent mutuellement «d’arrogance».

Lufthansa reproche au syndicat de n’avoir annoncé les différents débrayages que six heures à l’avance.

Echec des négociations sur les salaires

Cette nouvelle grève a été décidée après l’échec de négociations avec la direction sur les salaires et les conditions de travail.

Depuis avril, le syndicat exige une hausse des salaires de 5% sur 15 mois et rétroactive à partir du 1er janvier, pour rattraper trois ans de stagnation.

Ufo s’oppose également au recours à du personnel de cabine intérimaire sur les appareils de Lufthansa.

La compagnie a, elle, proposé une hausse des rémunérations de 3,5%, renoncé aux licenciements économiques, aux contrats à durée déterminée et au recours aux intérimaires, selon un porte-parole de Lufthansa interrogé mardi matin par la chaîne de télévision allemande ntv. La direction demande en échange «une contribution à une augmentation de la compétitivité», comme travailler deux heures de plus par mois.

En milieu d’après-midi, Dirk Vogelsang, qui mène les négociations pour Ufo, a indiqué à l’AFP que Lufthansa n’avait fait aucune concession et que «le ton des discussions se durci». Selon lui, la fin du conflit n’est pas proche.

La grève peut-être reconduite mercredi et jeudi

Pour l’heure, en ce qui concerne mercredi et jeudi, Ufo «ne peut rien exclure, rien confirmer». Mais Dirk Vogelsang a d’ores et déjà prévenu que si aucune avancée n’était faite, «nous irons certainement vers des débrayages généralisés». Plus tôt, le président du syndicat, Nicoley Baublies, avait déjà menacé de «zéro activité pendant 24 heures».

Le conflit social arrive à un moment particulièrement défavorable, fin août et septembre étant des périodes de pointe pour les compagnies aériennes et alors que les grands groupes du secteur, dont Lufthansa, peinent entre autres à faire face à la concurrence des compagnies low-cost et sont confrontés à la nécessité de réviser leur modèle.

Une première grève historique du personnel navigant de Lufthansa début 2009 s’était soldée par un manque à gagner de plusieurs millions d’euros pour la compagnie.

En février dernier, elle avait eu à subir une grève des contrôleurs au sol de l’aéroport de Francfort mais le mouvement n’avait eu qu’une portée limitée, n’ayant concerné que 200 salariés qui avaient pu être partiellement remplacés d’urgence.