Le point sur le trafic ferroviaire

La direction de la SNCF prévoit un TGV sur sept et un train régional sur cinq en moyenne, soit sensiblement la même chose que mardi. Mercredi, à 7h30, on comptabilisait 350 km de bouchons cumulés en Ile-de-France, selon le site d’information routière Sytadin, soit un trafic beaucoup plus dense que de coutume, la moyenne étant d’environ 175 km en général sur le réseau à la même heure.

Comme l’avait anticipé la SNCF, le trafic a été «très perturbé» mardi, premier jour d’une grève au long cours. La direction a annoncé un taux de grévistes de 33,9% en matinée, soit moins que les 35,4% enregistrés le 22 mars. Mais parmi les «agents indispensables à la circulation des trains», le taux atteignait 48% (contre 36% le 22 mars).

Des chiffres remis en cause par les syndicats français. La direction de la SNCF «manipule les chiffres», a affirmé mercredi matin sur France Inter le porte-parole de SUD-Rail, Erik Meyer, faisant état de son côté d’un «taux de grévistes qui dépasse 60%».

Un format de deux jours par semaine

Avec des modalités différentes, les quatre syndicats représentatifs à la SNCF sont tous lancés dans la bataille: une grève par épisode de deux jours sur cinq jusqu’au 28 juin pour la CGT, l’Unsa et la CFDT; une grève illimitée reconductible par 24 heures pour SUD-Rail. Un nouveau préavis a été déposé par les trois premiers, courant de 20h00 samedi 7 avril à 7h55 mardi 10.

L’une des grandes inconnues concerne l’éventuelle reconduction du mouvement dès jeudi.

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Les réactions politiques

Le premier ministre, Edouard Philippe, a dit entendre «autant les grévistes» que «ceux qui veulent aller travailler», saluant à l’Assemblée les «clients et usagers de la SNCF» qui ont «des jours difficiles devant eux». Avant de souligner, lors de son direct Facebook hebdomadaire, que le format de grève de deux jours sur cinq était «le plus perturbateur» et le plus «gênant» pour les usagers.

Des manifestations ont ponctué la journée de mardi, dont une rassemblant 2700 personnes à Paris, selon la police. Des incidents ont éclaté et cinq personnes ont été interpellées. Des manifestations ont également eu lieu à Tours, Lille, Bordeaux ou Toulouse. Pour le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, c’est le «commencement d’un bras de fer social comme le pays en a peu connu».

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Les syndicats s’opposent à une réforme qui «vise à détruire le service public ferroviaire par pur dogmatisme». Dans leur viseur: la suppression de l’embauche au statut, l’ouverture à la concurrence et la transformation de la SNCF en société anonyme, prémices d’une future privatisation selon eux. La réforme «n’a pas pour objet de privatiser la SNCF, elle n’a pas pour objet de fermer des petites lignes, elle n’a pas pour objet de revenir sur le statut» de cheminot, a insisté le premier ministre mardi.

Le projet de loi sur le pacte ferroviaire, qui prévoit un recours aux ordonnances sur certains points, sera voté en première lecture le 17 avril à l’Assemblée nationale.