«Tu as besoin d’éducation, tu vas suivre une formation durant quinze jours.» Assise dans le poste de police du village natal de son mari au Xinjiang, Gulzira Auelhan n’en croyait pas ses oreilles. Cette bergère de 37 ans était revenue du Kazakhstan la veille, où elle avait émigré en 2014 avec sa famille, pour rendre visite à son père, malade, et voici que cet officiel lui parlait de reprendre des études.

A partir de juillet 2017, Gulzira Auelhan a passé un an et cinq mois dans quatre centres de détention au Xinjiang. Ses journées étaient remplies de chansons patriotiques et de prières pour le président Xi Jinping, selon le témoignage qu’elle a livré à l’ONG kazakhe Atajurt. Lorsque les détenus dérogeaient à l’une des nombreuses règles qui leur étaient imposées, ils étaient frappés à la tête à l’aide d’un bâton électrique ou enchaînés à une chaise durant 24 heures.