Au moment où les Russes ne cessent d'affirmer que l'ordre et la sécurité règnent à Grozny, la capitale de la Tchétchénie croule sous les attentats. Hier un policier a été tué et une douzaine de ses collègues sérieusement blessés dans l'explosion d'un autocar, tandis que, dans un autre quartier de la ville, des rebelles ouvraient le feu sur un bus civil faisant là aussi des victimes d'un nombre encore indéterminé. La veille quatre autres miliciens russes avaient péri lorsque leur véhicule avait explosé sur une mine. L'agence ultraprogouvernementale russe Ria Novosti reconnaissait hier elle-même l'impuissance des forces fédérales à faire régner l'ordre dans Grozny: «La capitale regorge littéralement de séparatistes qui ont profité de l'amnistie proclamée l'année dernière pour se fondre dans la population civile. Les opérations spéciales et les contrôles d'identité réalisés dans les quartiers sensibles de Grozny sont inefficaces car les combattants séparatistes en sont informés préalablement.»

Une cassette vidéo saisie par les Russes

Les rebelles ont annoncé d'autre part avoir repris quelques villages ainsi que la ville de Vedeno, dans les montagnes, ce que les porte-parole russes contestent, annonçant de leur côté la mort de 14 combattants tchétchènes dans la nuit de dimanche à lundi, tombés sous les balles russes pour avoir «tenté d'opposer une résistance armée à leur capture». Ce regain de violence pourrait même s'amplifier d'ici peu: les Russes ont révélé avoir saisi une cassette vidéo sur laquelle on voit les principaux leaders tchétchènes tenir conciliabule et affirmer la nécessité d'accélérer les attentats contre les forces fédérales.