Guam, une petite île paradisiaque du Pacifique de 550 kilomètres carrés, où il fait bon vivre et où l’insouciance est reine? La réalité est un brin plus complexe. D’abord, Guam est un territoire américain mais, comme pour Porto Rico, ses quelque 160 000 résidents, qui ont la nationalité américaine, ont des droits limités et ne peuvent par exemple pas participer aux élections présidentielles. Ensuite, sa position géographique en fait une place de choix pour l’armée américaine, qui y a installé sa plus grande base navale d’Asie orientale. Guam, c’est aussi l’île qui était menacée de recevoir des missiles nord-coréens, au plus fort des tensions entre Kim Jong-un et Donald Trump. Désormais, elle a un autre problème potentiel à régler: les réfugiés afghans.

Visite à la Maison-Blanche

Joe Biden a fait savoir en avril qu’il comptait rappeler les près 2500 soldats américains encore basés en Afghanistan avant la date anniversaire des attentats du 11-Septembre. Par ricochet, ce retrait, que les récentes avancées militaires des talibans compliquent, concerne des milliers d’alliés afghans et leurs familles – environ 70 000 personnes au total – que Washington espère protéger. Parmi eux, ceux qui ont travaillé comme traducteurs ou interprètes pour les Américains. Or la délivrance des visas spéciaux pourrait, selon certaines estimations, prendre jusqu’à deux ans, le système étant saturé. Ce dossier épineux a de fortes chances d’être abordé vendredi à la Maison-Blanche: Joe Biden reçoit ce jour-là le président afghan Ashraf Ghani, ainsi qu’Abdullah Abdullah, qui dirige le processus de paix afghan.