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états-unis

A Guantanamo, des conditions de détention inhumaines

L’avocat d’un accusé du 11-Septembre tire la sonnette d’alarme

Des conditions inhumaines

Avocat d’Ali Abd al-Aziz Ali, alias Ammar Baluchi, l’un des cinq détenus de Guantanamo accusés d’avoir participé aux attentats du 11-Septembre, James Connell est remonté. Selon lui, son client ainsi que les autres prisonniers du camp 7 sont détenus dans des conditions «inhumaines». Cet avocat civil quadragénaire, qui a accepté de défendre un terroriste présumé dans le cadre d’une commission militaire, ne mâche pas ses mots: «Ces prisonniers […] sont incarcérés en isolement total. Ils ne peuvent appeler ni leurs avocats et encore moins leurs familles.» Or James Connell sait de quoi il parle. Voici quelques mois, dans son bureau d’Arlington, il racontait au Temps comment il fut le premier et seul avocat de la défense à pouvoir se rendre au camp 7, les yeux bandés. Il put y constater les conditions de détention d’Ali Abd al-Aziz Ali.

Le coup de gueule de James Connell n’est pas le premier, mais c’est sans doute le plus puissant. L’avocat américain se réfère à la nouvelle directive adoptée le 19 août dernier par le Pentagone qui n’est à son avis pas mise en pratique. Dans son article 3, le document relève qu’un traitement humain inclut notamment «des contacts appropriés avec le monde extérieur». Avec ses collègues de la défense, James Connell a déposé une motion afin d’exiger que les prisonniers puissent téléphoner à leurs familles et à leurs avocats. Le tribunal militaire a sèchement refusé la demande. Dans le cas d’Ali Abd al-Aziz Ali, il était question d’appeler ses proches immédiatement après le décès de son père.

Après sa visite au camp 7, James Connell avait lui-même déclaré que les conditions de détention de son client violaient les Conventions de Genève. Les détenus «hautement dangereux» ont en effet beaucoup moins de liberté que les autres prisonniers des camps 5 et 6. Ces derniers, s’ils se comportent bien, peuvent sortir de leur cellule une grande partie de la journée, parler entre eux, prendre des cours d’anglais, d’espagnol ou d’informatique, voire s’adonner au jardinage.

«Au seuil de la mort»

Au camp 7, une structure ultra­secrète, dont le Pentagone refuse de dévoiler le coût malgré une demande formulée par une journaliste du Miami Herald en vertu de la loi sur la liberté d’information, les détenus ont pour la plupart subi la torture. Selon le Daily Telegraph, l’un d’eux, Khaled Cheikh Mohammed (KSM), le cerveau autoproclamé du 11-Septembre, a subi des actes de torture «jusqu’au seuil de la mort». Des actes qui allaient bien au-delà de la simulation de noyade dont fut victime KSM à 183 reprises dans les prisons secrètes de la CIA avant 2006. Face à ces faits, l’un des avocats de KSM, le major Jason Wright, qui a servi en Irak, a claqué la porte de l’armée fin août. Motif: il ne pouvait plus, en tant que représentant du gouvernement, demander décemment la confiance de son client quand celui-ci a été «torturé au-delà de l’entendement».

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