États-Unis

Guantanamo: la valse des chiffres

Le procureur en chef de Guantanamo avait, dimanche, de la peine à articuler des chiffres clairs sur le nombre de détenus et sur leur statut. Même les journalistes les plus experts dans le domaine peinent à être plus précis

Dimanche soir, dans la salle de presse du MOC, le centre de presse de la base militaire américaine de Guantanamo, sur l’île de Cuba, le procureur en chef, le général Mark Martins, avait de la peine à articuler des chiffres clairs sur le nombre de détenus contre lesquels ne pèse aucune charge, ceux qui peuvent être transférés dans leur pays de suite et ceux qui sont considérés comme des HVD, des détenus de «haute valeur». Même les journalistes les plus experts dans le domaine, présents à Guantanamo, peinent à être plus précis.

Pour couper court aux spéculations, le porte-parole du Pentagone présent à Guantanamo, le lieutenant-colonel Todd Bresseale a dressé un tableau beaucoup plus clair de la situation. Sur les 166 détenus encore en captivité sur la base de Cuba, 46 sont en détention illimitée. Les Etats-Unis estiment qu’ils sont trop dangereux pour être libérés, mais n’ont pas assez de preuves pour les inculper. 86 peuvent être transférés d’autant qu’aucune charge ne pèse contre eux. C’est le trou noir juridique qui existe depuis plus de trois ans. 34 détenus, selon Todd Breasseale, devraient être poursuivis. Huit d’entre eux ont déjà été inculpés.

Quant aux cinq terroristes présumés du 11 septembre 2001, les Pakistanais Khaled Cheikh Mohammed et Ali Abd al-Aziz Ali, le Yéménite Ramzi ben al-Chaïba et les Saoudiens Wallid ben Attach et Moustapha al-Houssaoui ont comparu pour la première fois depuis quatre mois devant la Commission militaire de Guantanamo, dans une salle de tribunal ultra-sécurisée. KSM, le cerveau autoproclamé des attentats du 11 septembre 2001, avec sa barbe teintée orange, est arrivé dans la salle, marchant péniblement. Mais au fil des audiences, il est apparu plus alerte. Wallid ben Attach et Moustapha al-Houssaoui semblaient eux très à l’aise, ne cessant de discuter avec l’un de leurs interlocuteurs au sein de la défense. Les débats techniques entre l’ex-patron des tribunaux militaires d’exception, l’amiral Bruce MacDonald et les avocats de la défense leur semblaient lointains. Ils étaient tous deux plongés la plupart du temps dans un livre ou des documents imprimés.

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