«Je n'ai rien fait et je ne veux pas mourir en prison.» Andreas Hänggi, 61 ans, a réclamé sa remise en liberté au Tribunal d'appel de Zacapa (148 km à l'est de Guatemala) qui examine depuis lundi le recours des cinq condamnés de la «connexion allemande». Directeur de l'usine Nestlé d'Antigua, Andreas Hänggi avait été condamné le 25 septembre dernier à douze ans de prison pour trafic de drogue international. Son fils Nicolas, 24 ans, et un autre ressortissant helvétique, Silvio Giovanoli, 30 ans, avaient écopé pour leur part d'une peine de vingt ans.

«Erreurs constatées»

La Cour a écouté une lecture du dossier d'accusation, puis le rapport du fiscal (procureur) et les plaidoiries de la défense. Il n'y a pas eu audition de témoins, ni d'interrogatoire des accusés. Le président du tribunal, Abraham Estrada, fera connaître sa décision le vendredi 12 février. Il peut soit confirmer le jugement de première instance, soit l'invalider. Dans la première hypothèse, les condamnés pourraient encore saisir la Cour suprême. Dans le deuxième cas, un nouveau procès serait organisé.

L'ambassadeur de Suisse Christian Hauswirth et son homologue allemand Joaechim Neukirch, dont un compatriote est également impliqué, assistaient à l'audience. Le diplomate suisse a souhaité que «les erreurs constatées en première instance soient corrigées en appel. Nous ne demandons que le respect de la justice et des lois guatémaltèques. Notre présence est une intervention en faveur de l'application de la justice.»

Souffrant de troubles gastriques, Nicolas Hänggi n'assistait pas à cette séance. Les avocats de la défense ont argué que le tribunal de Sentencia d'Izabal, en septembre, n'avait pas pris en considération les preuves à décharge qu'ils lui avaient soumises. Dénonçant également une série de vices de forme, ils ont réclamé l'annulation pure et simple des condamnations et la remise en liberté immédiate de leurs clients. La Cour a mis son jugement en délibéré et, compte tenu «de la complexité et du volume du dossier», elle utilisera la totalité du délai que lui accorde la procédure judiciaire, a expliqué Abraham Estrada.