Après plusieurs journées de tergiversations, les rebelles albanais de l'UÇPMB du sud de la Serbie ont accepté, lundi après-midi, un accord de cessez-le-feu de vingt jours, que Belgrade s'est empressé de ratifier de son côté. L'accord devrait ouvrir la voie au déploiement des troupes yougoslaves le long des frontières de la Macédoine, dans une petite partie de la «zone tampon» qui leur était jusqu'à présent interdite d'accès. Les combattants albanais s'opposaient justement à ce déploiement, accepté par l'OTAN.

Ce fragile succès de l'émissaire spécial de l'OTAN, Pieter Feith, ne doit pas masquer le fait que les négociations sont au point mort. Les positions de l'UÇPMB semblent inconciliables avec le plan de paix proposé par Belgrade, avec l'aval de la communauté internationale. Alors que les représentants politiques albanais modérés du sud de la Serbie se taisent et laissent parler la guérilla, celle-ci semble jouer sur le temps. Les combats se développent en effet en Macédoine, renforçant le caractère régional de la crise. A l'inverse, Belgrade compte sur les soutiens internationaux qui se multiplient pour essayer de désamorcer au plus vite la crise.

Le déploiement des troupes yougoslaves devrait renforcer la sécurité de la frontière macédonienne, mais armes, munitions et combattants continuent d'arriver du Kosovo vers les guérillas albanaises. Belgrade et Skopje ne cessent d'exiger une plus grande fermeté de la part des troupes internationales déployées dans la province, mais la KFOR semble bien en peine de faire face aux défis posés par ces guérillas. Le premier ministre serbe, Zoran Djindjic, a eu des mots très durs, dimanche, pour dénoncer l'attitude internationale, estimant que «la KFOR se trouve face à une situation où le bébé dont elle avait pris soin commence maintenant à mordre». Pour lui, «les forces internationales doivent réaliser qu'elles devront choisir entre la confrontation avec l'extrémisme albanophone ou la défaite… et l'humiliation».