Des piaillements déchirent l’aube silencieuse de ce coin d’Amazonie parti en fumée. Perchés sur les branches d’un arbre calciné, les oiseaux se donnent la réplique, comme si de rien n’était. Le jour se lève sur la forêt dévastée de Candeias do Jamari. Troncs d’arbres, arbustes et végétation rageusement arrachés jonchent un sol noirci par les cendres. Plus on s’enfonce dans la forêt, plus la fumée est présente, dégageant une odeur âcre. Les braises n’en finissent plus de se consumer.

Nous sommes en pleine saison sèche, quand les feux de forêt se multiplient traditionnellement en Amazonie. Des feux le plus souvent volontaires. Leur but? Le nettoyage de zones déjà déboisées, en général des pâturages, mais aussi de parcelles nouvellement défrichées. Car feu et défrichement sont étroitement liés. Depuis le début de l’année, le nombre de foyers d’incendies a plus que doublé dans la plus grande forêt tropicale de la planète, déclenchant une crise internationale. Sous pression, le président d’extrême droite, Jair Bolsonaro, accusé d’avoir encouragé le défrichement en relâchant les contrôles au nom du «développement», veut désormais montrer qu’il agit et a envoyé l’armée sur place pour coordonner les opérations d’inspection des propriétés et de lutte contre les incendies.