Tranche d'info du matin, sur un network du Nouveau-Mexique. Coupure publicitaire. George Bush, en smoking noir et nœud papillon. Assis dans le Bureau ovale. Il lance: «C'est vrai, on ne les a pas encore trouvées, mais on les trouvera. Où sont ces armes de destruction massive?» Il fait mine de se pencher sous son bureau, pour chercher. Puis il bouge une chaise, la renverse légèrement. Il cherche toujours, narquois. Puis regarde à gauche, à droite. Fin de la séquence. Impossible de la dater avec précision, probablement quelques mois après la chute de Bagdad, en automne 2003.

Nouveau plan, sur une femme d'une trentaine d'années, longs cheveux bruns bouclés. Elle se tient sur le canapé beige de son salon. Insondable tristesse sur son visage. Dans ses mains, une grande photo encadrée, noir et blanc. Un officier de l'armée de terre. «C'est mon mari, dit-elle. Il est mort en Irak en cherchant des armes de destruction massive. Je ne trouve pas que l'humour du président sur le sujet soit approprié.» Fin de la séquence.

Une voix off intervient ensuite, sur fond d'images de guerre au ralenti: «Plus de 1000 de nos hommes sont morts pour un mensonge.» Ce spot électoral est financé par MoveOn.org, organisation prodémocrate très active dans la campagne de propagande. L'autre camp n'est pas en reste. Dans son dernier film, on voit une meute de loups dans une forêt sombre: l'ennemi, aux portes du pays, en cas de victoire de Kerry. Il y a mieux – ou pis, c'est selon. Entendu de la bouche de Dick Cheney, le vice-président, à propos du candidat démocrate: «Comme on dit au Wyoming, vous pouvez mettre tout le rouge à lèvres que vous voulez à un cochon, en fin de compte, ça reste un cochon.»