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Distribution d’aide humanitaire dans la province d’Hajjah, au Yémen, le 15 août 2018.
© Essa Ahmed/AFP Photo ©

Moyen-Orient

La guerre au Yémen a provoqué la pire crise humanitaire du monde

Alors que les négociations de paix peinent à s’ouvrir à Genève, l’ancienne «Arabie heureuse» continue de s’enfoncer

C’est la pire crise humanitaire du monde, de l’aveu de l’ONU qui peine à mobiliser les consciences et les fonds pour la guerre ignorée du Yémen. Les opérations onusiennes sont financées à hauteur de 65%. Les donateurs les plus généreux sont l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, ceux-là mêmes qui continuent à bombarder leur voisin.

Résultat: le Yémen, qui importait 90% de ses denrées humanitaires avant le conflit, est au bord de la famine. Deux tiers de la population dépend de l’aide humanitaire. Les combats ne sont pas seuls en cause. Le quasi-blocus opéré par l’Arabie saoudite et ses alliés pour empêcher les livraisons d’armes aux rebelles frappe de plein fouet les civils. Selon l’ONU, ces trois dernières années, le prix des denrées alimentaires et du carburant a doublé.

Une situation qui risque encore de se détériorer au fur à mesure que l’étau des forces pro-gouvernementales se resserre sur Hodeïda. Ce port sur la mer Rouge est stratégique pour l’approvisionnement du pays, y compris pour l’aide humanitaire. Pourtant, en attendant un hypothétique cessez-le-feu voire un règlement politique, la générosité internationale ne sera pas suffisante.

«En plus des combats, il faut de difficiles négociations pour accéder aux blessés et aux malades. Les barrières viennent de tous les côtés», témoigne Charles Gaudry, chargé de programmes de la section suisse de Médecins sans frontières (MSF) au Yémen, où l’ONG est présente de part et d’autre de la ligne de front. «Depuis le début de la guerre, les infrastructures civiles sont régulièrement visées», dénonce l’humanitaire. Un centre de traitement du choléra a encore été touché en juin dernier, heureusement sans faire de victimes. Même si les attaques contre les hôpitaux ont été moins nombreuses depuis une année et demie, les carnages sont toujours légion, comme en témoigne la frappe d’un bus d’écoliers par la coalition menée par l’Arabie saoudite en août dernier.

Lire aussi: «Au Yémen et contre le Canada, les bévues de trop du prince saoudien»

Selon l’ONU, 10 000 personnes ont été tuées depuis le début de la guerre. Mais il faut ajouter les victimes indirectes. «Le système de santé yéménite s’est effondré. Les épidémies se multiplient: après le choléra, la diphtérie et la rougeole, nous suspectons des cas de méningite», poursuit Charles Gaudry. Un enfant yéménite meurt toutes les dix minutes d’une maladie évitable, toujours selon l’ONU.

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