U Au moment où le premier ministre grec Georges Papandréou gravissait mercredi le perron de l’Elysée pour négocier une aide avec Nicolas Sarkozy, son vice-ministre de la Défense, Panos Beglitis, finalisait l’achat de six frégates avec la France. La Grèce, empêtrée dans un déficit budgétaire abyssal et dans un endettement jusqu’au cou, déboursera 2,72 milliards d’euros.

U Les banques allemandes et françaises ont des intérêts directs dans le sauvetage de l’économie grecque, mais aussi espagnole et portugaise. Elles sont les plus exposées en cas de défaut de paiement. Selon la Banque de règlements internationaux, les créances détenues par les banques allemandes s’élèvent à 330,8 milliards d’euros et par les banques françaises à 306,8 milliards. Pour la petite histoire, les banques suisses sont exposées à hauteur d’environ 70 milliards.

U Nicolas Sarkozy serait le chef d’Etat européen le plus opposé à une aide du Fonds monétaire international (FMI) aux pays malades de la zone euro. Selon des diplomates, il ne supporterait pas l’idée que Dominique Strauss-Kahn, patron du FMI, joue un rôle quelconque dans le sauvetage. Figure du Parti socialiste français, ce dernier est un adversaire potentiel lors de la prochaine présidentielle dans deux ans.

U L’initiative allemande d’aide à la Grèce n’est pas innocente. Berlin cherche des alliés en vue de l’élection du président de la Banque centrale européenne en 2011. Un candidat allemand pour remplacer Jean-Claude Trichet est en lice.