Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a affirmé que le pouvoir islamique agirait avec détermination contre les opposants qui le combattent ouvertement, lors d’un discours à la prière du vendredi retransmis par la télévision d’Etat.

«Le régime islamique agira avec détermination contre ceux qui ont sorti leur épée pour le combattre», a déclaré l’ayatollah Khamenei. Il a ajouté que le pouvoir «tolérait» les opposants, mais pas ceux qui le combattent et mettent en cause ses «principes» et sa «sécurité».

«Contre les principes et la sécurité»

«Le régime n’agit pas contre ceux qui ont des points de vue opposés. Nous voulons intégrer le maximum de gens et éliminer le minimum possible. Ceux qui ont des positions opposées peuvent avoir des activités dans ce cadre, mais ceux qui agissent contre les principes et la sécurité, le régime agira contre eux», a déclaré le numéro un iranien.

«Certains répètent sans cesse que le peuple a perdu confiance dans le régime. Je leur réponds: lorsque 40 millions de personnes participent aux élections, cela veut dire qu’ils ont confiance. Le peuple a confiance dans le régime et inversement», a-t-il ajouté.

Après la présidentielle du 12 juin et l’annonce de la victoire du président Mahmoud Ahmadinejad, les candidats de l’opposition, Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi, ont dénoncé des fraudes massives, refusant de reconnaître cette réélection.

Soutien à M. Ahmadinejad

Le 19 juin, l’ayatollah Khamenei était intervenu à la prière du vendredi pour apporter son soutien à M. Ahmadinejad. De son côté, l’ex-président Akbar Hachémi Rafsandjani, qui avait soutenu le candidat modéré Mir Hossein Moussavi, était intervenu pour affirmer qu’une partie du peuple avait perdu sa confiance dans le régime et qu’il fallait y remédier.

Ce vendredi, dans la première partie de son discours, l’ayatollah Khamenei a longuement expliqué, dans une claire mise en garde, que durant les premières années de la révolution de hauts dirigeants de la République islamique avaient été écartés pour avoir remis en cause les principes révolutionnaires.

«Au début de la révolution, il y a eu des divergences. Tout d’abord, l’imam (Khomeiny, fondateur de la République islamique, ndlr) a conseillé aux gens de changer de position. Dans les hautes sphères du pouvoir, au niveau du Premier ministre, du président et même au-delà, nous avons eu des divergences. Lorsque l’imam a vu qu’il ne fallait plus tolérer cela, il a agi avec fermeté», a-t-il expliqué.

Il faisait référence au départ de Mehdi Bazargan, le premier à avoir occupé le poste de Premier ministre après la révolution, à l’ancien président Abolhassan Bani Sadr, écarté du pouvoir dans les premières années de la révolution, et à l’ayatollah Hossein Ali Montazeri, successeur désigné du guide suprême et écarté du pouvoir à la fin des années 1980.