Ali Khamenei intervient

Après le tollé provoqué par les résultats de l’élection présidentielle iranienne de vendredi et les émeutes qui ont coûté la vie à au moins sept personnes, le guide suprême Ali Khamenei a déclaré mardi qu’il était favorable à un recomptage partiel des votes, qui avaient consacré le président sortant Mahmoud Ahmadinejad avec 63% des voix. La mesure ne toucherait que les bureaux de vote où des irrégularités auraient été dénoncées.

Appel de Moussavi

Deux nouvelles manifestations concurrentes ont eu lieu mardi après-midi à Téhéran. Dans la journée, pour ne «pas tomber dans le piège de confrontations planifiées», le grand perdant de la présidentielle, Mir Hossein Moussavi (34% des voix), avait appelé ses partisans à ne pas participer à des rassemblements interdits par le régime. Il n’a pas été entendu. Plusieurs milliers de ses partisans se sont réunis au nord de Téhéran pour protester contre ce qu’ils qualifient de «mascarade électorale». Selon des témoins et divers médias, la contestation qui se fait jour depuis samedi en Iran ne s’est pas limitée à la capitale, mais s’est étendue à des villes comme Mashad, Ispahan, Chiraz, Tabriz. Au centre de Téhéran, la télévision d’Etat a filmé une manifestation en faveur du président Ahmadinejad.

Médias étrangers ciblés

Mardi, les autorités iraniennes ont pris une mesure radicale en interdisant les médias étrangers de couvrir les manifestations. Elles ont aussi averti que les accréditations de presse n’allaient pas être renouvelées. Ces derniers jours, de nombreux médias ont été expulsés d’Iran. Mardi, le premier réseau de téléphonie mobile a une nouvelle fois été coupé. De son côté, Washington a demandé au site Internet Twitter de rester pleinement opérationnel pour permettre aux Iraniens de continuer à s’exprimer. Considéré comme un site de socialisation, Twitter permet de communiquer de courts messages par Internet. L’instrument a été d’autant plus utile aux partisans de Moussavi que le gouvernement iranien a fermé de nombreux sites internet et suspendu plusieurs journaux pour limiter les flux d’informations.

Réactions

Le président américain Barack Obama a exprimé mardi ses profondes inquiétudes au sujet de l’évolution de la crise iranienne. Selon lui toutefois, au vu de l’histoire des relations entre les Etats-Unis et l’Iran, il n’était pas «productif de se mêler» de ces affaires et «qu’au bout du compte, c’est aux Iraniens de décider de la manière dont les choses vont se dénouer dans les jours et les semaines à venir». Représentant les intérêts américains en Iran, la Suisse a exhorté Téhéran à «respecter la liberté d’expression» et espère que le recomptage sera effectué «avec tout le sérieux» nécessaire.