La Guinée est à nouveau en «situation d’épidémie» de fièvre hémorragique Ebola, cinq ans après la fin de la précédente épidémie. Cet état de fait a été déclaré ce dimanche par le patron de l'agence sanitaire guinéenne (ANSS), Sakoba Keïta, après avoir confirmé l'apparition de sept cas dont trois mortels dans le Sud-Est du pays.

Il s'agit de la première résurgence signalée de la maladie en Afrique de l'Ouest, d'où était partie la pire épidémie de l'histoire du virus, qui avait fait plus de 11 300 morts entre 2013 et 2016.

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A l'issue d'une réunion d'urgence à Conakry, le Dr Keïta a expliqué devant la presse qu'une personne était décédée fin janvier à Gouecké, dans la région de Guinée forestière, proche de la frontière avec le Liberia. «Son enterrement a eu lieu à Gouecké le 1er février et certaines personnes présentes [...] ont, quelques jours après, commencé à avoir des manifestations de diarrhées, de vomissements, de saignements et de fièvre», a déclaré le chef de l'agence sanitaire. Des premiers échantillons testés par un laboratoire mis sur pied par l'Union européenne à Guéckédou, dans la région, ont révélé vendredi la présence du virus Ebola chez certains d'entre eux.

OMS active

L'OMS va déployer «rapidement» des moyens et faire en sorte que des doses de vaccins nécessaires soient «mises à disposition le plus rapidement possible pour aider à cette riposte», a affirmé son représentant à Conakry, le professeur Alfred George Ki-Zerbo.

Le bilan de la précédente épidémie en Afrique de l'Ouest, bien que sous-évalué de l'aveu même de l'OMS, est sept fois supérieur en nombre de morts à celui cumulé de toutes les précédentes épidémies d'Ebola depuis son apparition 1976.

La deuxième plus grave épidémie d'Ebola, la dixième enregistrée en République Démocratique du Congo, s'était déclarée en août 2018 dans l'Est du pays. Elle s'est officiellement achevée en juin 2020, avec un bilan de 3481 cas et 2299 décès, selon l'OMS. Kinshasa a annoncé début février une nouvelle «résurgence», qui a fait au moins deux victimes.