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L'horreur et le chaos à Alep, où il n'est question que d'une chose : tenter de survivre.
© KARAM AL-MASRI

Syrie

Les habitants d'Alep fuient les bombes

Une trêve temporaire est entrée en vigueur en Syrie, sur les fronts de Lattaquié au nord et de la Ghouta près de Damas. Pas pas à Alep

Des dizaines d'habitants du côté rebelle de la ville syrienne d'Alep ont fui samedi leurs quartiers pour échapper aux raids aériens du régime, au moment où la Russie a affirmé qu'elle ne fera pas pression sur Damas pour cesser ses bombardements.

Ailleurs en Syrie, une trêve temporaire entrée en vigueur à minuit sous l'impulsion de Moscou et de Washington semblait tenir sur deux fronts, le nord de la province de Lattaquié et la Ghouta orientale près de Damas.

«Situation insupportable»

Dans les secteurs rebelles d'Alep, deuxième ville du pays, un correspondant de l'AFP a vu plusieurs familles quitter le quartier de Boustane al-Qasr, violemment bombardé depuis plusieurs jours.

«La situation est devenue insupportable», a déclaré à l'AFP Abou Mohammad, parti de son domicile avec sa femme et ses cinq enfants. «Un de mes bambins est terrifié par les bombes et, depuis une semaine, plus personne ne vient acheter chez moi», assure ce marchand d'électroménager.

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Certaines familles décident de se réfugier dans des quartiers plus sûrs, tandis que d'autres quittent la ville par la route du Castello, seule sortie pour les habitants des quartiers rebelles presque totalement assiégés depuis des mois. Cette voie, située au nord-est de l'ex-capitale économique du pays, est dangereuse car elle est souvent prise pour cible par des tireurs.

Rues désertes et magasins fermés

Près de 200 000 habitants résideraient dans la partie rebelle, à l'est de la ville divisée depuis 2012, selon des chiffres non officiels.

Samedi, les rues dans plusieurs quartiers rebelles étaient désertes et les magasins fermés. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, 28 raids aériens du régime ont touché ces quartiers. Au moins six personnes ont été tuées, selon la défense civile.

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En revanche, les zones ouest d'Alep tenues par le gouvernement, étaient calmes, d'après l'Observatoire.

Le régime du président Bachar al-Assad s'acharne contre Alep «car il veut pousser à l'exode ses habitants en vue d'une offensive militaire» pour reprendre les quartiers rebelles de la ville, estime le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Depuis la reprise des hostilités à Alep le 22 avril après quelques semaines de trêve, 246 civils ont été tués par les bombardements de l'armée de l'air syrienne et des rebelles.

Ces bombardements ont été dénoncées par l'ONU qui déplore un «mépris monstrueux pour les vies de civils par toutes les parties au conflit».

Les rares médecins encore présents dans la ville ont lancé un cri d'alarme après la mort de collègues dans des bombardements du régime.

La Russie refuse de mettre la pression sur le régime

La Russie a exclu samedi de demander à son allié syrien d'arrêter les raids aériens sur Alep.

«Non, nous n'allons pas mettre la pression (sur le régime de Damas pour qu'il cesse ses frappes, ndlr) parce qu'il faut comprendre qu'ici, il s'agit d'une lutte contre la menace terroriste», déclaré samedi le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Guennadi Gatilov, cité par l'agence de presse russe Interfax.

Des convois humanitaires ont pu entrer dans quatre localités assiégées, deux par le régime (Madaya et Zabadani) et deux par les rebelles (Foua et Kafraya), selon le Comité international de la Croix-Rouge. Outre de la farine et des médicaments, les humanitaires ont apporté aux populations qui manquent de tout.

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