Les Etats-Unis ont été à nouveau les victimes de pirates chinois. Selon l’enquête publiée par le New York Times , des hackers chinois ont infiltré au mois de mars les bases de données de l’administration américaine – l’Office of Personal Management (OPM) – avec l’intention d’accéder aux données personnelles de plusieurs dizaines de milliers d’employés au bénéfice d’une autorisation d’accès aux informations du plus haut niveau («top secret clearances»).

Plusieurs hauts responsables américains cités par le quotidien américain ont confirmé l’attaque, sans s’épancher sur son ampleur et le mode opératoire des hackers. L’Office of Personal Management héberge les données personnelles de l’ensemble des employés fédéraux de l’administration américaine au bénéfice d’un accès aux informations de haut rang selon les trois classifications suivantes: confidentiel, secret, top secret. Une source du quotidien américain au sein du Département de l’intérieur souligne qu’aucune perte d’informations n’a été détectée.

La révélation sur cette intrusion survient quelques semaines après que des hackers chinois ont réussi à pénétrer des systèmes informatiques dans lesquels étaient stockés des plans de dizaines de systèmes d’armement cruciaux de l’armée américaine. Ce piratage faisait partie d’une vaste campagne d’espionnage chinois contre des industries de la défense et des agences du gouvernement américain. Washington avait alors inculpé cinq officiers chinois pour piratage informatique et espionnage économique. Pékin avait réagi en se retirant d’un groupe de travail commun sur la sécurité informatique.

Ces multiples cas de piratage interviennent dans un contexte déjà tendu entre la Chine et les Etats-Unis. John Kerry, le chef de la diplomatie américaine, est en visite officielle à Pékin pour deux jours de négociations entre les deux puissances. Dans un communiqué rendu public à l’ouverture des entretiens, mercredi, le président Barack Obama a appelé les deux pays à «faire face avec franchise» à leurs dissensions. «Les Etats-Unis et la Chine ne peuvent pas aller de conserve sur chaque sujet», a affirmé le chef de l’Etat américain.

Quant au président chinois Xi Jinping, il a répété sa détermination à forger «des relations amicales avec ses voisins, et au-delà». Il a appelé les deux puissances à aplanir leurs différends. John Kerry entend ainsi pousser la Chine à réintégrer le groupe de travail sur la cybersécurité, censé œuvrer à l’harmonisation des règles d’utilisation d’Internet.