«Ils te mettent quelques pièces dans la main pour te planter un bébé dans le ventre». C’est le titre de l’étude, sur le site de publication scientifique Taylor and Francis, qui raconte la façon dont, lorsqu’ils étaient affectés en Haïti de 2004 à 2017, les Casques bleus ont exploité à des fins sexuelles les femmes et les jeunes filles de l’île. Les plus jeunes avaient 11 ans. Au moins 265 enfants sont nés de ces abus et ont été abandonnés avec leur mère lorsque les soldats sont rentrés chez eux. Sur l’île, on appelle ces bébés les «petits Minustah», du nom de la mission de maintien de l’ordre à laquelle leurs pères biologiques ont participé (Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti).

Publiée le 11 décembre, l’étude réalisée par Sabine Lee, professeure à l’Université de Birmingham, et Susan Bartels, professeure à l’Université Queen’s au Canada, montre que les pratiques d’exploitation et d’abus sexuels sont monnaie courante chez les «soldats de la paix». Ce n’était pourtant pas son objectif premier. A l’origine, une question était posée aux 2500 Haïtiens qui y ont participé: «A quoi ressemble la vie à proximité d’une base de Casques bleus?»