La situation restait tendue en Haïti mardi, au lendemain de heurts entre Casques bleus et manifestants en colère contre la gestion du choléra par les autorités. Des barricades de pneus en feu ont été érigées dans certains quartiers et des tirs sporadiques se sont produits à Cap-Haïtien et Hinche, a indiqué à l’AFP un responsable de la police de la capitale Port-au-Prince.

Ecoles fermées

Des heurts avaient éclaté lundi à Cap-Haïtien, deuxième ville du pays, et à Hinche, faisant deux morts et quatorze blessés dans la première, et six blessés parmi les soldats de l’ONU dans la deuxième. L’ONU a reconnu avoir tiré, en état de légitime défense, sur un des hommes qui est décédé. «On est en train de suivre l’évolution de la situation dans d’autres villes où il y a eu des tentatives de manifestations ce matin», a ajouté le responsable de la police sous couvert d’anonymat. Le ministre de l’Intérieur Paul-Antoine Bien-Aimé et le directeur général de la police haïtienne Mario Andrésol font partie d’une délégation qui va se rendre dans le nord du pays pour tenter de ramener le calme, a souligné le responsable.

Lundi à Cap-Haïtien, ville située à quelque 300 km au nord de Port-au-Prince, des manifestants avaient mis le feu à un commissariat et des véhicules qui se trouvaient à l’intérieur avaient été incendiés. Les écoles étaient restées fermées, certains parents refusant d’y envoyer leurs enfants de peur qu’ils soient contaminés par le choléra. Le même jour à Hinche, des Casques bleus népalais, accusés par une partie de la population d’avoir propagé l’épidémie de choléra (qui a fait plus de 1000 morts à ce jour), avaient été la cible de jets de pierres lors d’une manifestation, qui avait rassemblé quelque 400 personnes.