Les informations sont maigres: un séisme a touché Haïti la nuit passée, il y aurait des milliers de victimes et des centaines morts. Port-au-Prince, capitale surpeuplée de l’une des îles les plus pauvres du monde, a été dévastée par la secousse d’une magnitude 7 sur l’échelle de Richter. Partout, les secours s’organisent, comme ils peuvent. «C’est très compliqué car nous n’arrivons pas à joindre nos équipes sur place, souligne Corinne Thévoz, chargée du programme haïtien de l’EPER. Notre coordinatrice m’a appelée hier soir vers 23h30, elle a juste eu le temps de me dire qu’il y avait eu un tremblement de terre et que notre bureau était inutilisable. Ensuite, ça a coupé et depuis j’essaie de lui téléphoner sans succès.» Seule certitude, la catastrophe est immense.

La Chaîne du Bonheur, dès lors, a ouvert un compte à 7h00 ce matin. La Croix-Rouge Suisse a débloqué un million de francs: «Une première équipe de cinq logisticiens part aujourd’hui afin de préparer l’arrivée des équipes internationales, note Karl Schuler, porte-parole. Dans un deuxième temps, nous enverrons peut-être des sages-femmes et des infirmières, en collaboration avec la section allemande. Nous ne savons pas comment nos avions pourront atterrir: la piste de l’aéroport a été préservée, mais la tour de contrôle serait en partie détruite, selon un coup de fil de quelques secondes que la Fédération internationale a pu passer sur place.»

Les Nations Unies ont également mobilisé toutes leurs équipes de secours, une trentaine doivent se rendre sur place. Le fond d’urgence a été débloqué. «C’est difficile à gérer, admet Elizabeth Byrs, porte-parole d’OCHA, le bras humanitaire de l’ONU. Nous manquons d’informations et je reçois les appels constants de collègues sans nouvelles de leurs proches travaillant à Haïti.» Partout, les réunions de crise se multiplient afin d’apporter l’aide nécessaire aux rescapés du séisme: tentes, vivres et médicaments dans un premier temps, aide à la reconstruction ensuite.