Il est des absences de mise à jour de certains sites, qui trahissent l’affolement, l’occupation des animateurs à des tâches plus urgentes, voire le désespoir. Ainsi du site du Matin d’Haïti, dont les derniers articles, sur les délibérations de la Chambre basse, remontent à mardi 12 janvier. Avant le tremblement de terre qui a ravagé l’île, en fin d’après-midi (heure locale).

C’est désormais le cas à chaque événement collectif de grande ampleur: les réseaux sociaux tels que Facebook et Twitter sont fortement mis à contribution. Mais les sites et les médias classiques ne sont pas en reste. Alors que les lignes de téléphones sont coupées, que Skype reste aléatoire, tout moyen d’obtenir des information est bon à prendre. Apaisement, minime, que la technologie peut apporter aux parents affolés, aux proches inquiets, aux amis en souci.

Le Nouvelliste de Port-au-Prince renvoie ainsi à Facebook tout en ayant créé son forum de discussion, où les internautes peuvent poser leurs questions sur les zones touchées par le sinistre. «Je suis en train d’ecrire du Canada», glisse un auteur, «je ne sais plus quoi faire, je ne parviens pas a contacter ma famille et Haïti semble etre coupe de tout contact avec le monde extérieur. Si il y quelqu’un en Haiti qui voit se message, parlez-moi de la situation. Que se passe-t-il?»

Help.inHaiti.com propose la possibilité d’interroger des résidents sur des adresses, lesquelles sont données de manière précise. Litanie de l’angoisse: quid de Delmas 16, Delmas 65, l’Eglise du Sacré-Coeur?

Le CICR a vite mis en place un site de recherche, fort organisé, qui permet de se signaler, s’enquérir à propos d’une personne, ou consulter la base de données.

De son côté, Haïti Liberté n’a certainement pas les moyens de nourrir son site en abondance ces jours, mais il a réagi prestement: «En cette période déjà extrêmement difficile et douloureuse pour le pays, le journal se joint aux compatriotes en Haïti et les assure de sa plus profonde solidarité à l’occasion d’une catastrophe survenue à un moment où l’on en avait le moins besoin. Nous souhaitons que le gouvernement actuel saura enfin se montrer digne de ses responsabilités et se hausser à la hauteur d’un drame qui a complètement terrassé les Haïtiens, aussi bien ceux de l’intérieur que ceux vivant en diaspora.»

Autre réaction particulièrement rapide, celle du canal Haïti Pal. Peu après le drame, et même privé d’image, ce média de la diaspora était le premier à pouvoir joindre des gens sur place. Par téléphone, ceux-ci témoignaient de l’ampleur des dégâts, le plus souvent en créole. Pendant plusieurs heures après le séisme, durant la nuit de mardi – heure d’Europe –, il a constitué l’une des seules sources apportant quelques précisions sur les zones touchées. Il diffuse désormais images en boucle, nouvelles sous forme de déroulants, et commentaires audio.

En anglais, Haitian Times suit également la situation avec des articles nourris, assez fréquents. Et Expatriation.com rappelle l’importance du vieux média de proximité, la radio: «Radios en streaming: restez à l’écoute», conseille le site en offrant une liste des sites de stations haïtiennes, en ajoutant: «Impossible de savoir pour l’heure quand les radios haïtiennes seront capables d’émettre. En attendant, restez à l’écoute des flux sur internet.»

L’Agence Haïti Presse a publié une brève description mercredi, aperçu de l’état de désolation de la capitale, et de la solitude des Haïtiens: «Chaque heure qui passe apporte son lot d’émotions et des nouvelles encore plus démoralisantes d’un ami, et/ou d’une connaissance décédés ou portés disparus. C’est quasi chaque famile qui est frappé de près ou de loin par une ou des pertes en vie humaine. Ce qui fait dire à beaucoup qu’il ne serait pas étonnant que les morts et disparus se comptent par dizaines de milliers. Les morts découverts dans les rues devraient ainsi être, selon beaucoup de gens, la partie encore visible de  la catastrophe, le pire étant à venir lorsqu’on pourra commencer les opérations de déblayage. Le pire aussi vient du fait que dans cette situation, chacun doit compter sur ses propres forces, ses propres moyens. Les services de l’Etat, les agents de la police nationale et  de la Mission des Nations-Unies pour stabliser Haïti devant faire face à leurs propres problèmes.»

De son côté, Haïti Press Network (en français) s’attache à suivre l’évolution de la situation, même si les informations y sont encore assez générales. Jeudi soir (heure suisse), ses auteurs relevaient: «Les habitants de Port-au-Prince ont presque tous abandonné leurs maisons ou ce qui en reste pour se réfugier dans les rues et les places publiques. Pour la deuxième nuit consécutive, la majorité des habitants de Port-au-Prince et des quartiers environnants touchés par le tremblement de terre, vont dormir dans la rue. Les gens ont préféré abandonné leurs maisons [...]. Donc la rue, les places publiques comme les jardins du bureau du Premier ministre et les places proches du palais national sont pris d’assaut par des milliers de personnes. Dans la confusion actuelle, cette situation pourrait durer plusieurs jours.» Avec l’espoir, malgré tout, que la Toile, ou tout autre moyen, permette de rassurer certains.