Le président Hamid Karzaï a été investi jeudi pour un nouveau mandat de cinq ans à la tête de l’Afghanistan, par le président de la Cour suprême, selon les images diffusées en direct par la télévision publique afghane.

Hamid Karzaï a prêté serment, au cours d’une cérémonie placée sous haute sécurité, en présence de 800 invités, parmi lesquels 300 responsables étrangers, dont le président pakistanais Asif Ali Zardari et la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton. M. Karzaï va maintenant investir lui-même ses deux vice-présidents, deux anciens chefs de guerre à la réputation controversée, le Hazara Karim Khalili et surtout le «maréchal à vie» Mohammad Qasim Fahim, accusé de violations des droits de l’homme et de trafic de drogue.

Hamid Karzaï a été réélu à la tête de l’Etat à l’issue d’un scrutin présidentiel calamiteux, marqué par des fraudes massives en sa faveur lors du premier tour le 20 août, et le retrait de son adversaire, Abdullah Abdullah, avant le second tour prévu début novembre .

Des mots forts, en attendant les actes

Les mots du chef de l’Etat étaient très attendus par la communauté internationale, qui multiplie depuis plusieurs semaines les pressions pour qu’il éradique la corruption et restaure une légitimité mise à mal par une réélection entachée de fraudes massives. «Nous devons apprendre de nos erreurs et de nos échecs au cours des huit dernières années», a déclaré M. Karzaï, devant 800 invités triés sur le volet, parmi lesquels 300 responsables étrangers, dont la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton et le président pakistanais Asif Ali Zardari.

«La culture de l’impunité doit prendre fin» en Afghanistan, a-t-il ajouté, alors que l’Afghanistan occupe le second rang des pays les plus corrompus au monde selon l’ONG Transparency international.

Le président a également espéré que les forces afghanes soient prochainement en mesure d’assurer la sécurité, alors que 100’000 militaires étrangers venus d’une quarantaine de pays sont déployés en Afghanistan et que le président Barack Obama étudie l’envoi de dizaines de milliers de soldats en renfort. «Nous espérons que les forces afghanes pourront prendre en charge la responsabilité de la sécurité dans cinq ans», a-t-il dit.

M. Karzaï a également tendu la main à son principal adversaire à la présidentielle, Abdullah Abdullah, qu’il a invité à participer à la stabilisation du pays.

Alors que le chômage et la pauvreté ont été identifiés par des ONG comme les principaux facteurs du conflit en Afghanistan, Hamid Karzaï a promis que «des dizaines de milliers d’emplois seront créés pour la reconstruction».

Il a aussi lancé un nouvel appel aux talibans pour qu’ils abandonnent les armes et rejoignent le processus politique, promettant d’organiser une loya jirga, une assemblée tribale traditionnelle, pour apporter «paix et sécurité».

Hamid Karzaï a aussi promis de combattre le trafic de drogue et de prêter une attention particulière aux ministres de son prochain gouvernement: «Ils devront être de bons croyants, honnêtes, professionnels, au service du peuple».