«Le président a émis un décret qui désigne une commission chargée de conduire un réexamen des dossiers conformément à l’article 8 de la résolution adoptée à la fin des trois jours de jirga consultative nationale de la paix», indique la présidence dans un communiqué.

L’article 8 stipule que le gouvernement afghan «doit prendre des mesures immédiates pour libérer de prison ceux qui sont détenus sur la foi d’informations incorrectes». Plusieurs centaines de personnes sont actuellement détenues dans les geôles afghanes et dans la prison de Bagram, au nord de Kaboul, pour l’instant sous contrôle américain.

La commission, dirigée par le ministre de la Justice, sera composée de membres de la Cour suprême, de la commission de réconciliation, du Parquet général et de conseillers juridiques du président Karzaï.

Résolution en 16 points

«La commission va conduire un réexamen cohérent des dossiers et faire libérer ceux qui sont détenus sans preuves légales de leur culpabilité», souligne la présidence. Les autorités n’ont pas précisé si la prison de Bagram, où sont détenus 800 Afghans, est concernée par le décret présidentiel. Cette prison, en cours de transfert aux autorités afghanes, est encore sous le contrôle des Etats-Unis.

«La commission commencera à travailler dans quelques jours, on commencera par nos prisons», a simplement déclaré un porte-parole de la présidence. Cette mesure est la première prise par le chef de l’Etat afghan après la jirga de la paix, cette assemblée traditionnelle qui a mobilisé la semaine dernière 1600 représentants de tribus et de la société civile.

Après trois jours de discussions, la jirga a accouché d’une résolution en 16 points pour mettre fin à la guerre en Afghanistan. La jirga, qui n’a qu’un rôle consultatif, avait été convoquée par le président Karzaï dans le cadre de ses tentatives d’ouvrir des négociations avec les talibans.

Mesure par Karzaï

Les talibans ont répété qu’ils ne dialogueront pas avant un retrait total des troupes internationales et ils ont, ces deux dernières années, considérablement intensifié leur insurrection. Dimanche, M. Karzaï a accepté les démissions du ministre de l’Intérieur Hanif Atmar et du patron des services spéciaux (NDS) Amrullah Saleh, a indiqué la présidence afghane.

Le communiqué précise que les deux hommes ont démissionné après une enquête sur les attaques de mercredi dernier lors de l’ouverture de la jirga de la paix. Deux des kamikazes talibans ont été tués et un troisième capturé.

Le gouvernement a lui annoncé dimanche avoir capturé plus d’une dizaine d’insurgés, dont un Russe, un Tadjik et un Pakistanais, soupçonnés d’avoir préparé les attaques manquées. «Quatre groupes terroristes de kamikazes avaient prévu de perpétrer des attaques durant les trois jours de la jirga de la paix», a indiqué le porte-parole du ministre de l’Intérieur Zemarai Bashary.

Dimanche, six personnes, dont quatre policiers, ont été tuées et 26 blessées, dont onze enfants, dans des violences en Afghanistan, a indiqué le ministère afghan de l’Intérieur.

Cinq soldats de l’OTAN tués

Cinq soldats de l’OTAN, dont les nationalités n’ont pas été dévoilées, ont aussi péri dimanche dans des attaques et un accident dans le sud et l’est de l’Afghanistan, a annoncé l’OTAN dans un communiqué.Trois soldats sont décédés dans un accident de véhicule dans le sud du pays, indique le commandement de l’OTAN sans donner plus de précisions.

Par ailleurs, un autre soldat des forces internationales a péri dans l’explosion d’une mine artisanale dans le sud. Un cinquième soldat a été tué lors d’une attaque des insurgés dans l’est.