France

Harlem Désir entre en scène

Le nouveau patron du PS, Harlem Désir, lance la contre-offensive pour défendre le Premier ministre contre les attaques de la droite

Les socialistes ont fait corps, lors de leur congrès de Toulouse, autour du Premier ministre, très attaqué par la droite, mais aussi dans son camp. Jean-Marc Ayrault a eu droit à plusieurs ovations, à des rappels sur scène et à des déclarations fortes de la part des membres du gouvernement: «Je suis fier d’être un ministre de Jean-Marc Ayrault. Il n’y aura pas de réussite individuelle sans réussite collective du gouvernement et du Premier ministre», a lancé à la tribune Manuel Valls, dans un discours musclé et très applaudit. A l’heure des adieux, Martine Aubry a aussi apporté son soutien «affectueux» à l’ancien maire de Nantes, saluant un «honnête homme», un «homme de gauche qui est droit».

Dans son premier discours de Premier secrétaire, son successeur, Harlem Désir a fustigé les attaques de la droite contre un Premier ministre qui «a la justice chevillée au corps», «un homme du peuple», un «homme ouvert au dialogue», «un homme qui vient de la France réelle»: «Tu peux compter sur le soutien de chaque militant», a lancé l’eurodéputé déclenchant une ovation.

Harlem Désir a également défini les missions qu’il entend voir jouer au PS désormais au pouvoir: «Le rôle du parti socialiste est d’être non seulement solidaire et rassemblé, mais aussi inventif et ambitieux pour proposer et innover». Le parti ne se privera pas de débats. Il se posera en aiguillon si le gouvernement est tenté de faiblir sur le droit de vote des étrangers, le non-cumul des mandats, le mariage et l’adoption pour les couples homosexuels, la parité en politique ou l’égalité salariale des femmes et des hommes.

Maintenant que sa nouvelle direction est en place, le PS va lancer la contre-offensive face à la droite. Plus question de laisser les critiques sans riposte. «Nous n’avons aucunes leçons à recevoir d’elle», lance le Premier secrétaire très offensif. «La droite c’est 600 milliards de dette en cinq ans, les comptes sociaux plombés, 70 milliards de déficit du commerce et plus d’un million de chômeurs supplémentaires en 5 ans.» Au cours du week-end, de nombreux socialistes ont rappelé que la gauche au pouvoir est toujours attaquée: «C’est un éternel procès en usurpation et en illégitimité de la part de la droite», a dénoncé le ministre Benoît Hamon, ancien leader de l’aile gauche du parti. «Nous allons tenir bon, nous ne céderons à aucun ultimatum, nous allons tenir le cap», martèle Harlem Désir.

«Il nous faut cesser de douter et retrouver la confiance», a exhorté le ministre Stéphane Le Foll. Pour les militants et les dirigeants socialistes, le congrès de Toulouse doit permettre d’ouvrir une nouvelle séquence politique après les ratés, les critiques de manque d’autorité, d’amateurisme et d’inaction, qui ont fait rage depuis la rentrée. «Un nouveau cycle s’est ouvert», veut ainsi croire Manuel Valls.

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