Derrière sa tasse de thé vert qu’il sirote dans un café de Genève, l’Américain Kenneth Roth est toujours sous le choc. Après avoir quitté l’ONG de défense des droits humains Human Rights Watch en avril dernier qu’il a dirigée sans interruption depuis 1993, il était sur le point d’obtenir un poste de chercheur (fellowship) pour un an au Carr Center for Human Rights Policy au sein de la prestigieuse Kennedy School of Government de Harvard. Cela lui aurait permis d’écrire un livre et d’interagir avec les chercheurs sur place. Mais le doyen de la Kennedy School, Douglas Elmendorf, y a officiellement mis son veto. Motif: les critiques de Roth contre le gouvernement israélien. Pour l’ex-directeur exécutif de HRW, cela ne fait aucun doute: soit le doyen a subi les pressions de généreux donateurs fervents défenseurs d’Israël, soit il a anticipé leurs réactions.