Harvey Weinstein comparaîtra dès ce lundi devant un tribunal de New York, la mine fatiguée, encore éprouvé par une récente opération du dos. Le producteur avait l’habitude de faire la pluie et le beau temps à Hollywood, d’y régner en empereur intouchable. Le voilà terrassé, accusé publiquement par plus de 90 femmes de viol ou de harcèlement sexuel.

Bien sûr, le procès ne porte que sur les accusations de deux plaignantes. On peut aussi gloser sur le fait que près de 25 millions de dollars seront versés à des dizaines d’accusatrices en échange de l’abandon de poursuites au civil, une spécificité américaine, aussi incompréhensible que révoltante. Le procès marquera néanmoins un tournant. Déclenchée par deux puissantes enquêtes journalistiques, l’affaire Weinstein a déjà permis de mettre en lumière la honteuse impunité dont bénéficiait l’accusé, ainsi que ses méthodes d’intimidation – il recourait à d’anciens agents du Mossad – pour tenter de faire taire ses victimes et les journalistes. Elle a aussi démontré la couardise complice de tous ceux qui savaient mais n’ont rien fait.