Sos, 30 ans, entre dans l’abri situé sous sa maison de Chouchi. Il est accompagné de David, son frère de 25 ans. Ils s’assoient, épuisés après des heures passées au front. En bruit de fond, les mortiers et les roquettes qui ne cessent de s’abattre sur leur ville natale. Chouchi, une cité qui a marqué l’histoire. C’est là qu’en 1992 les Arméniens ont connu la victoire contre les forces azerbaïdjanaises.

Depuis une semaine pourtant, les rôles se sont inversés. Ce sont désormais les Azerbaïdjanais qui assiègent la ville. Le président Aliyev a promis de la reconquérir. «Quand nous étions petits, nous jouions à la guerre dans la rue. Nous avons grandi dans le bonheur et la sérénité. C’est difficile de voir ces rues dévastées par la guerre, la vraie», déplore Sos. «Nous mangeons à la maison, nous nous reposons quelques heures puis nous retournons au front, raconte David. C’est de plus en plus difficile, mais nous ne les laisserons pas passer. Nous sommes prêts à mourir.»