Est-ce l'architecture à angle droit d'Auguste Perret, le bâtisseur qui reconstruisit le Havre après la guerre et les bombardements anglo-américains de septembre 1944? Est-ce la tour de l'Hôtel de Ville, où le bureau du maire sortant, Jean Baptiste Gastinne, domine la baie du premier port de France pour le trafic de containers? Le Havre ressemble à l'image que l'on se fait d'Edouard Philippe, le premier ministre français qui dirigea cette municipalité de 170 000 habitants de 2010 à 2017.

Tout est rectiligne. Pas de boursouflures, ni de rues sinueuses. Des immeubles de béton rectangulaires, labellisés patrimoine mondial par l'Unesco en 2005. Du haut de ses 1,94 mètres, le chef du gouvernement, recruté par Emmanuel Macron dans les rangs de la droite, se comporte depuis son entrée à l'Hotel Matignon comme un administrateur efficace, sans fioritures, franc du collier et autoritaire. Un tempérament dont on comprend, sur place, qu'il convient bien à cette ville, fief communiste avant de basculer côté gaulliste en 1995. «Le Havre n'a pas de problème existentiels, expliquait l'historien Eric Saunier lors d'une conférence consacrée aux 500 ans de la ville, en 2017. C'est un port. Sa vocation est le commerce. Ici, l'organisation compte.»