Europe

Hélicoptères militaires: la Pologne prévoit un nouvel appel d’offres pour «consoler» Airbus

Le gouvernement polonais a provoqué la colère d’Airbus en optant pour des hélicoptères américains. Il tente mercredi de désamorcer la situation. Un nouvel appel d’offres va être lancé «pour consoler le groupe Airbus»

La Pologne lancera un nouvel appel d’offres pour des hélicoptères militaires afin de «consoler» Airbus, a annoncé mercredi le porte-parole du gouvernement conservateur de Varsovie, après l’abandon des négociations sur les Caracal du groupe européen et l’achat d’appareils américains Black Hawk.

«Pour consoler le groupe Airbus, je peux dire seulement qu’un nouvel appel d’offres sur des hélicoptères sera lancé et qu’il y aura la possibilité d’y participer», a indiqué Rafal Bochenek à la radio publique Jedynka, sans donner de détail sur ce nouvel appel d’offres.

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Cette déclaration intervient au lendemain de l’annonce par le ministre polonais de la Défense, Antoni Macierewicz, de l’achat d’au moins 21 hélicoptères américains Black Hawk, fabriqués en Pologne, après l’abandon des négociations sur les Caracal d’Airbus, dont le PDG a dit «avoir été mené en bateau pendant des mois» par Varsovie.

Livraison rapide

Deux premiers Black Hawk seront livrés par Lockheed Martin cette année et huit en 2017, avait précisé Antoni Macierewicz, une rapidité de livraison qui a fait penser que désormais une procédure plus expéditive de négociations directes avec des constructeurs pourrait être utilisée. A terme, l’armée polonaise a besoin de disposer de 50 à 70 appareils, fabriqués en Pologne mais aussi à l’étranger, avait-il aussi précisé.

Comme d’autres ministres polonais, Rafal Bochenek a rejeté mercredi sur Airbus la responsabilité de l’abandon des négociations sur les hélicoptères multirôles, lui reprochant d’avoir fait une offre insuffisante de compensations industrielles («offset») accompagnant le contrat évalué à 13,4 milliards de zlotys (3,14 milliards d’euros), toutes taxes comprises.

Il a mis en doute l’argument soulevé par l’avionneur de vouloir créer 6000 emplois liés à tous ses investissements en Pologne, y compris sans lien direct avec les Caracal. «Dommage que les lettres avec de tels arguments sont écrites après la fin des négociations car ce genre d’information n’est inscrit dans aucun des documents officiels présentés par Airbus», a insisté Rafal Bochenek.

Colère d’Airbus

Mardi, le patron d’Airbus Group, Tom Enders, s’en est pris violemment à Varsovie, disant avoir «l’impression d’avoir été mené en bateau pendant des mois par l’actuel gouvernement polonais» conservateur. Il a annoncé que son groupe allait «demander réparation», sans plus de précision.

L’annonce de la décision de Varsovie le 4 octobre a jeté un froid dans les relations franco-polonaises, le président François Hollande reportant une visite prévue à Varsovie jeudi.

Mardi soir, le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault s’est entretenu au téléphone avec son homologue polonais, notamment à propos de l’affaire Caracal, a annoncé la partie polonaise, sans autres précisions.

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