A deux mois des primaires qui doivent débuter le 3 janvier en Iowa, la course à l’investiture républicaine se durcit. Parmi les huit candidats, dont une femme, la représentante du Tea Party Michele Bachmann, les attaques se multiplient. Les plus sérieuses ont pour cible le candidat noir Herman Cain, homme d’affaires d’Atlanta en Géorgie, accusé de harcèlement sexuel par le site Politico voici une semaine. L’ex-PDG de la chaîne Godfather’s Pizza ne semble pourtant pas en souffrir, surfant sur une popularité qui étonne toute l’Amérique. Selon un sondage réalisé par le Washington Post et ABS News entre le 31 octobre et le 3 novembre, Herman Cain (23%) tient tête au favori à l’investiture, Mitt Romney (24%). Ses autres rivaux Rick Perry (13%) et Newt Gingrich (12%) restent à une distance respectable.

Equipe optimiste

Faut-il en conclure que rien ne pourra arrêter l’homme d’affaires d’Atlanta? Son équipe de campagne reste optimiste, relevant que depuis que le scandale a été révélé, le candidat noir a récolté 1,2 million de dollars. Jeudi, il a rencontré en privé l’ancien secrétaire d’Etat Henry Kissinger. Selon le sondage du Washington Post, 7 républicains sur 10 estiment que les accusations de harcèlement sexuel à l’encontre d’Herman Cain n’importent pas quand il s’agit de choisir un candidat pour affronter Barack Obama le 2 novembre 2012. En compagnie de son rival Mitt Romney, l’ex-patron de Godfather’s Pizza intervient à la conférence annuelle, vendredi et samedi à Washington, de l’Americans for Prosperity, un groupe de pression cofondé par le milliardaire David Koch et bien ancré dans le Tea Party.

Les affaires de sexe, sujet sensible aux Etats-Unis, peuvent néanmoins prendre une tournure inattendue. L’ex-patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn, en sait quelque chose. Bill Clinton aussi. L’ex-président avait frôlé la destitution pour parjure en raison d’une relation ­extraconjugale avec une stagiaire de la Maison-Blanche Monika Lewinsky.

Dans les faits, au moins trois femmes, dont les noms ont été gardés secrets, ont porté plainte contre Herman Cain qui aurait eu des gestes et des propositions inappropriés à leur égard à l’époque où il présidait encore l’Association patronale des restaurateurs à la fin des années 1990. Le candidat a longtemps nié tout dérapage avant de reconnaître qu’il y avait bien eu un vague arrangement avec une employée. Puis il a parlé de «politique de caniveau» et de «chasse aux sorcières». Les conditions de l’accord entre l’employée et Herman Cain n’étaient pourtant pas vagues du tout. L’une des employées a touché la somme de 35 000 dollars et une seconde 45 000 dollars, l’équivalent d’un salaire annuel, pour quitter l’association et surtout pour se taire.