C’est la grande absente de cette deuxième visite d’Emmanuel Macron au Liban. Formulée par le président français le mois dernier, la perspective d’une «enquête internationale» sur les causes des explosions qui ont ravagé Beyrouth le 4 mars semble avoir été définitivement abandonnée mardi. Entre-temps, il est vrai, aussi bien le président libanais, Michel Aoun, que le parti chiite Hezbollah s’étaient bruyamment opposés à la possibilité d’ouvrir une telle enquête internationale.

Pourtant, zones d’ombre et soupçons ne font que s’accentuer au fil des jours à propos des 2750 tonnes de nitrate d’ammonium, entreposées dans le port de Beyrouth, qui ont causé le désastre. Ce composé chimique sert d’ordinaire d’ingrédient pour les engrais agricoles. Mais, en Afghanistan, au Pakistan, en Irak ou en Syrie, il y a aussi fait largement ses preuves en tant que matière explosive utilisée à bon compte par des insurgés ou des terroristes. De fait, voilà des années que le Hezbollah lui-même est accusé de faire usage de cette substance. D’où le soupçon: ces tonnes de substance explosive ont-elles été stockées à dessein par le Hezbollah pendant six ans, au risque de mettre en danger la population libanaise?