«Grâce à vous, nous avons franchi une étape importante. C'est la première fois dans l'histoire de notre pays qu'une femme est investie par l'un des grands partis», a déclaré Hillary Clinton devant ses partisans fous de joie à New York. La candidate a revendiqué mardi l'investiture démocrate pour la Maison Blanche, une victoire «historique» pour une femme et un tournant pour les Etats-Unis.

Le président américain Barack Obama a appelé mardi Bernie Sanders et Hillary Clinton, qu'il a félicitée pour avoir obtenu la majorité requise de délégués pour l'investiture présidentielle. «En outre, à la demande du sénateur Sanders, le président et le sénateur Sanders se rencontreront à la Maison Blanche jeudi pour poursuivre leur conversation sur les enjeux importants de cette élection», a indiqué le porte-parole de la Maison Blanche dans un communiqué.

Bernie Sanders déterminé à aller jusqu'à la convention

Elle avait déjà atteint lundi la majorité requise de délégués lui garantissant l'investiture, selon les estimations de plusieurs médias américains. Mais, désireuse de ne pas démotiver ses électeurs, elle n'avait pas crié victoire. 

Les résultats du dernier «super mardi» des primaires ont commencé à tomber dans six Etats. Hillary Clinton a remporté mardi le New Jersey, le Nouveau Mexique et le Dakota du Sud. Mais le suspense le plus important concerne la Californie. Bernie Sanders espère y terminer premier pour justifier son maintien en course. «Il veut aller jusqu'à la convention», a expliqué son directeur de campagne, Jeff Weaver.Le sénateur martèle que les voix des centaines de superdélégués (élus du parti) ayant rejoint le camp Clinton ne seront pas officielles avant le vote de la convention d'investiture de Philadelphie, la dernière semaine de juillet.

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«La victoire de ce soir n'est pas celle d'une personne, elle appartient à une génération de femmes et d'hommes qui se sont battus et se sont sacrifiés et ont rendu possible ce moment», a-t-elle déclaré. Peu avant, un court film a retracé la lutte pour la conquête du droit de vote des femmes, et les diverses conquêtes des femmes en politique.

«Le sénateur Sanders, sa campagne, est une bonne chose pour le parti démocrate et l'Amérique»

L'ancienne Première dame, sénatrice et chef de la diplomatie américaine a tendu la main à son rival des primaires, le sénateur du Vermont Bernie Sanders, alors que la question du rassemblement de la gauche se pose.

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«Je veux féliciter le sénateur Sanders pour son extraordinaire campagne», a-t-elle déclaré. «Il a enthousiasmé des millions d'électeurs, surtout des jeunes, mais que les choses soient claires: le sénateur Sanders, sa campagne et le débat vigoureux que nous avons eu sur le salaire minimum, la réduction des inégalités, l'ascenseur social, est une bonne chose pour le parti démocrate et l'Amérique».

Un discours de candidate démocrate

Et la candidate s'est lancée dans une critique acerbe de son adversaire républicain à la présidentielle de novembre: Donald Trump.  «Quand Donald Trump dit qu'un juge distingué, né dans l'Indiana, ne peut pas faire son travail à cause de ses origines mexicaines, ou qu'il se moque d'un reporter handicapé, ou traite les femmes de truies, cela va à l'encontre de tout ce en quoi nous croyons», a lancé Hillary Clinton, déclenchant des huées.

«Nous pensons que la coopération vaut mieux que le conflit, l'unité mieux que la division, l'émancipation mieux que la haine... et les ponts valent mieux que les murs», a-t-elle lâché, dans une allusion directe au mur que veut ériger Donald Trump à la frontière avec le Mexique.

Donald Trump avait attaqué préventivement la démocrate lors d'un discours d'une grosse dizaine de minutes depuis l'un de ses golfs, à Briarcliff Manor, près de New York, annonçant la campagne de destruction personnelle qu'il entend lancer contre la démocrate.

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Il a donné rendez-vous lundi prochain pour un discours anti-Clinton. «Les Clinton sont devenus maîtres dans l'art de l'enrichissement personnel», a-t-il affirmé, évoquant les financements de la Fondation Clinton.

De façon inhabituelle, l'homme d'affaires a lu son discours depuis un prompteur, une pratique dont il s'est souvent moquée, mais qui semble indiquer une volonté de remettre de l'ordre dans sa campagne après plusieurs jours de polémiques à l'intérieur du camp républicain. Ses propos dénonçant la partialité du juge fédéral d'origine hispanique lui ont valu des condamnations de responsables républicains. Le président de la Chambre des représentants, Paul Ryan, a déploré des propos «racistes».


 

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