Mme Clinton s’est, comme le secrétaire général de l’Otan Anders Fogh Rasmussen, dit satisfaite des annonces faites lors de la réunion de Bruxelles. L’ancien premier ministre danois a confirmé vendredi matin à Bruxelles l’envoi par les alliés de sept mille soldats supplémentaires en 2010, en plus des 30 000 hommes envoyés en renfort par les Etats-Unis.

Selon M. Rasmussen, vingt-cinq pays alliés sur les 44 représentés au sein de l’Isaf ont confirmé l’envoi prochain de troupes en renfort. Une conférence consacrée spécifiquement à la «génération de forces», et aux priorités de l’Isaf aura lieu dans la capitale belge dès lundi 7 décembre.

L’autre point important est l’affirmation, par l’Otan, de sa volonté de rester en Afghanistan aux côtés du gouvernement de Kaboul, malgré l’annonce de Barack Obama sur l’ouverture d’une «période de transition» à partir de juillet 2011. «Transition ne veut pas dire retrait, a clarifié M. Rasmussen avant de rejoindre le Conseil Otan-Russie. Nous ne quitterons pas l’Afghanistan. Une nouvelle phase s’ouvre dans cette mission dont personne ne doit attendre des résultats instantanés».

Interrogée sur la signification exacte de la transition annoncée par le président Obama à partir de juillet 2011, Hillary Clinton a confirmé qu’un retrait graduel des troupes commencerait à cette date, mais que les Etats-Unis n’abandonneront pas l’Afghanistan: «Notre engagement civil continuera longtemps après le retrait de nos troupes a-t-elle promis. Nous ne commettons pas les mêmes erreurs que dans le passé». Référence claire aux accusations portées par ceux qui comparent le conflit afghan à une nouvelle guerre du Vietnam.

Côté renforts, la première bonne nouvelle pour le Pentagone était venue de Rome. Jeudi soir, après une journée de débats entre les ministres des Affaires étrangères de l’Otan, le gouvernement italien avait donné son feu vert à l’envoi d’un millier de soldats supplémentaires dans le pays. Ce déploiement aura lieu à partir du début 2010 et s’ajoutera aux 2’800 soldats Italiens déjà en place à l’ouest de l’Afghanistan.

Arrivée dans la nuit à Bruxelles, la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a de suite oeuvré à convaincre ses partenaires sur trois points cruciaux: la composante civile et la reconstruction de l’opération, la formation de l’armée et de la police afghane et, surtout, l’esquisse d’un calendrier de retrait progressif des troupes. La date de juillet 2011 pour le démarrage d’un retrait est contestée aux Etats-Unis par des personnalités influentes comme le sénateur John McCain.

Celui-ci a mis en garde contre le risque d’une telle annonce, estimant avec l’expérience de la guerre du Vietnam que «l’ennemi, lorsqu’il connaît la date de départ des troupes, a tendance à attendre». Les Européens en font néanmoins une question de principe, pour convaincre leurs opinions publiques. Tous ces éléments seront mis sur la table lors de la conférence internationale sur l’Afghanistan prévue à Londres le 28 janvier. Sa tenue à Kaboul, initialement envisagée, a été abandonnée en raison des menaces terroristes.

Après les annonces de renforts, ou d’études sur l’envoi de renforts, faites par le Royaume-Uni, la Slovaquie, le Portugal ou l’Albanie, les décisions les plus attendues, au sein de l’Otan, sont celles de l’Allemagne, de la France, de la Turquie, de la Pologne et de l’Espagne. Le premier ministre polonais Donald Tusk a laissé entendre cette semaine qu’il pourrait «sans enthousiasme» expédier 600 soldats de plus. Et on s’attend à ce que Madrid confirme l’envoi de 200 militaires. La France et l’Allemagne attendent elles le 28 janvier à Londres, même si la presse allemande affirme que Berlin envisage à terme d’ajouter au moins 2’000 hommes à son contingent actuel plafonné à 4’500. Les députés allemands ont en tout cas voté jeudi soir sans difficulté la prolongation d’un an du déploiement impopulaire de la Bundeswehr en Afghanistan.

De son côté, le président russe Dmitri Medvedev a indiqué que la Russie était «prête à soutenir» le nouvel effort américain, en garantissant le transit de matériel pour la force multinationale, ainsi qu’avec des projets économiques et la formation de policiers et militaires afghans.La coopération sur l’Afghanistan a été abordée lors du Conseil ministériel Otan-Russie ce vendredi à Bruxelles , en présence du chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.