«Ravie d’avoir gagné» le «caucus» du petit Etat du centre des Etats-Unis, Hillary Clinton est immédiatement partie pour le New Hampshire, le prochain Etat américain à organiser ses élections primaires le 9 février.

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Mercredi soir, elle doit y participer avec son adversaire démocrate à une rencontre avec des électeurs, avant un nouveau débat télévisé entre les deux démocrates toujours en lice, jeudi soir.

Sa victoire très étroite dans l’Iowa, premier Etat à voter, lui a évité de revivre l’échec cinglant de 2008, quand elle était arrivée troisième, derrière un jeune sénateur quasi inconnu, Barack Obama, et un autre sénateur, John Edwards.

Si elle avait perdu derrière Bernie Sanders, «le monde aurait été pour elle bien différent», explique à l’AFP l’analyste politique Stuart Rothenberg. Mais sa victoire particulièrement serrée (49,8% des votes contre 49,6% à M. Sanders, du jamais vu dans l’Iowa,) va aussi «encourager le camp Sanders», estime-t-il. «Elle va devoir se battre.»

Bernie Sanders a les faveurs du New Hampshire

Tous les sondages donnent Bernie Sanders, 74 ans, très nettement en tête dans le New Hampshire, Etat voisin du Vermont dont il est sénateur, avec une avance moyenne de 18 points de pourcentage sur Hillary Clinton.

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Mais l’ancienne secrétaire d’Etat «est plutôt meilleure quand elle est derrière», souligne le professeur Robert Shapiro, expert politique de l’Université de Columbia à New York, en rappelant sa victoire inattendue dans cet Etat en 2008.

Selon lui, la victoire, même très étroite d’Hillary Clinton dans l’Iowa, a eu le mérite de ne pas changer la dynamique politique côté démocrate.

Si elle parvient à un résultat «respectable» dans le New Hampshire, elle devrait selon lui être tranquille ensuite dans les Etats du sud et de l’ouest, où les électeurs noirs et hispaniques sont plus nombreux, et l’électorat blanc plus traditionnel. Et «ils aiment les Clinton», souligne aussi Stuart Rothenberg.

Les résultats de l’Iowa épluchés

Dans l’Iowa, un Etat blanc à 91%, qui n’est pas représentatif du reste du pays, Hillary Clinton, 68 ans, a fait ses meilleurs résultats chez les seniors: 69% des plus de 65 ans ont voté pour elle, 26% pour son principal adversaire. Les jeunes de 17 à 29 ans ont massivement préféré Bernie Sanders (84% à 14%), et sa promesse d’une «révolution politique» en faveur des classes moyennes et contre Wall Street.

Mais la mobilisation a été nettement inférieure à celle de 2008 (171'000 votants démocrates contre 240'000).

Et la bataille des primaires pourrait durer plus longtemps que ne l’espérait celle qui était au départ la super-favorite pour obtenir l’investiture démocrate. Mais les experts restent persuadés qu’au final Hillary Clinton sera la candidate désignée du parti.

«L’élite du Parti démocrate ne veut pas abandonner le bateau, ils ne veulent pas que Sanders soit le candidat du parti, ils veulent donner à Clinton le bénéfice du doute», explique à l’AFP Dante Scala, expert politique à l’Université du New Hampshire.

Bernie Sanders, un candidat «idéaliste»

«Il n’y a pas non plus autant de colère côté démocrate que côté républicain», souligne Stuart Rothenberg. «Obama est encore président, et il y a eu des changements», assure-t-il.

Pour lui, Bernie Sanders, «candidat de passion et d’idéalisme», continuera à bousculer Mme Clinton, candidate «incarnant l’ordre établi». «Mais cela ne le conduira pas jusqu’à la nomination démocrate», estime-t-il, persuadé que Bernie Sanders ne pourra pas attirer le vote des minorités dans le sud et l’ouest.

«C’est vraiment un candidat qui pense comme dans les années 60, un candidat idéaliste, mais la plupart des démocrates sont plus pragmatiques», ajoute-t-il.

Après le New Hampshire, le Nevada organise ses «caucus» démocrates le 20 février, la Caroline du Sud ses primaires le 27.