Alger, ville déserte. Pour la première fois depuis le mois de février de l’année dernière, les participants du Hirak sont restés chez eux ce vendredi dans les principales villes algériennes. Le débat a été vif pendant plusieurs jours, voire des semaines. Mais peu à peu, la mesure s’est imposée presque d’elle-même: entre la propagation du virus et la poursuite de cette mobilisation populaire qui conteste les fondements mêmes du pouvoir algérien, le choix ne faisait plus de doute.

«La raison a gagné, note Ghani Mahdi, qui fut candidat à l’élection présidentielle et qui est l’un des artisans de l’opposition à l’étranger. Les gens se sont rendu compte que ce n’était pas un bras de fer contre le régime mais une question de vie ou de mort.» Les images montraient vendredi les boulevards déserts, à l’exception de quelques jeunes qui, en lien avec l’esprit civique affiché par les manifestants, s’employaient à désinfecter trottoirs et portes d’épiceries. Les mosquées, elles aussi, sont restées fermées pour la première fois vendredi.