Avant d’être élu président, François Hollande a adressé aux femmes de France des brassées de promesses. Il s’est engagé à réinstaurer un Ministère du droit des femmes et à former un gouvernement strictement paritaire. «Cela ne veut pas dire que les responsabilités seraient les mêmes», avait-il gauchement nuancé début mars, provoquant quelques grincements de dents féministes.

Si certaines étaient indéniablement présentes à ses côtés durant la campagne, aucune figure neuve n’a émergé des rangs féminins, à part, peut-être, sa propre compagne, Valérie Trierweiler, jadis peu connue du grand public. Même les plus jeunes, Aurélie Filippetti ou Najat Vallaud-Belkacem, s’étaient déjà fait un nom lors de la campagne de Ségolène Royal en 2007. Alors quelles femmes pour gouverner paritairement avec les hommes?

Martine Aubry, 61 ans, maire de Lille, première secrétaire du PS, détient la palme de l’expérience politique et gouvernementale. Son problème? Son caractère, trop tranchant sans doute pour régner sur Matignon. Sa force? Son caractère, précisément, qui fait de la fille de Jacques Delors une postulante solide aux Finances, à même de défendre énergiquement les intérêts de la France dans les cénacles européens.

Autre patronne incontournable du socialisme, Ségolène Royal, 58 ans, ex du président et mère de ses quatre enfants. Elle a payé de sa personne durant la campagne, première à célébrer la victoire de la gauche à la Bastille dimanche soir. Sa place «n’est pas forcément» au gouvernement, déclarait-elle mardi, en confirmant ouvertement convoiter le «perchoir», la présidence de l’Assemblée nationale. Pour y parvenir, il lui faudra recueillir l’assentiment des députés socialistes de la nouvelle Assemblée en juin. Or, elle agacerait bon nombre d’entre eux.

Dans la vieille garde, François Hollande pourrait aussi solliciter Elisabeth Guiguou, 65 ans, plusieurs fois ministre. Elle a été de tous ses meetings. Bien connectée avec Bruxelles, la députée de la Seine-Saint-Denis pourrait hériter des Affaires européennes, un portefeuille à sa charge sous François Mitterrand. Elle a récemment publié Pour une Europe juste au Cherche midi.

Marisol Touraine, 53 ans, l’élégante fille du sociologue Alain Touraine et présidente du Conseil général de l’Indre-et-Loire, est l’une de celles qui se sont imposées durant la campagne, alors qu’elle était initialement partisane de Dominique Strauss-Kahn. Sa très bonne connaissance des syndicats place la normalienne en bonne position pour un vaste Ministère des affaires sociales et de la santé.

Le nouveau président a promis de faire de la «jeunesse» l’une de ses deux priorités avec la justice. A ce titre, et sans doute plus encore à celui de l’énergie qu’elle a mis à soutenir son champion, Aurélie Filippetti, 38 ans, députée de Moselle, pourrait faire son entrée dans le gouvernement. Charmante et énergique, agrégée de lettres et romancière, elle a fait ses premières armes politiques chez les Verts avant de rallier le PS en 2006. Responsable du dossier média au PS, on parle d’elle depuis des semaines pour la Culture. A moins qu’elle ne devienne porte-parole.

Le président sera-t-il reconnaissant aux petits partis qui l’ont soutenu? Si oui, Cécile Duflot, 37 ans, peut hériter d’un poste. La cheffe d’Europe Ecologie-Les Verts a annoncé qu’elle quitterait son poste après les législatives de juin. Hier, son parti a exprimé sa «disponibilité» à rejoindre le futur gouvernement. Cette mère de quatre enfants est pressentie à l’Ecologie. Mais elle est peu appréciée des milieux industriels et scientifiques qui pèsent lourd dans les équations vertes.

Et les autres? Pour parvenir à la parité, François Hollande devra puiser d’autres noms dans le vivier féminin. Catherine Trautmann, Delphine Batho, Fleur Pellerin, Najat Vallaud-Belkacem, Adeline Hazan, Anne Hidalgo, Nicole Bricq, Valérie Fourneyron, ou Clémentine Autain sont autant de candidates potentielles à un maroquin.