«Mon état d’esprit n’est pas bon, j’ai l’impression de mourir de seconde en seconde.» Homeira Qaderi, qui a vécu en exil en Californie, nous écrit depuis Kaboul, où elle craint pour sa vie. Ecrivaine et professeure de littérature – elle a enseigné dans plusieurs universités –, elle est une infatigable militante des droits des femmes. Elle a par ailleurs travaillé comme conseillère pour le gouvernement afghan sur les questions d’égalité et d’équité. Quand les talibans ont pris le contrôle de sa ville, Herat, pour la première fois, elle n’avait que 13 ans et a été privée d’école. Mais, bonne élève et surtout déterminée à ne pas lâcher son éducation, elle a commencé à enseigner en secret à ses camarades, dans sa cuisine, puis sous une tente de réfugiés qui faisait office de mosquée. «Nous étions comme des souris, silencieuses et nerveuses, cachées dans les murs, pour échapper à un chat affamé qui pouvait bondir sur nous à tout moment», écrit-elle.

Lire aussi: Masih Alinejad: «Je refuse de vivre dans la peur»