Les hommages aux victimes des attentats de Bruxelles ont été perturbés dimanche par des manifestants nationalistes qui ont fait irruption sur la place transformée en mémorial dans la capitale belge, où les opérations antiterroristes se poursuivaient avec de nouvelles perquisitions.

La police anti-émeute a fait usage de canons à eau pour disperser 200 manifestants vêtus de noir qui ont lancé «On est des hooligans, on est chez nous», tout en répétant des slogans virulents à l'endroit du groupe djihadiste Etat islamique qui a revendiqué les attaques de mardi.

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«Etat, complice de Daesh», ont encore dit certains nationalistes. Les manifestants ont également lancé des projectiles incendiaires vers les forces de l'ordre et dégradé du mobilier urbain, a précisé la police.

Le face-à-face s'est vite tendu avec les dizaines de personnes qui depuis mardi se relaient place de la Bourse, au coeur de Bruxelles, pour rendre hommage aux victimes, en silence ou en chansons.

31 personnes tuées dans les attentats

Le bilan des victimes des attentats-suicide du 22 mars à l'aéroport et dans le métro de Bruxelles s'établit désormais à 31 morts, a annoncé dimanche soir le centre de crise belge. Vingt-huit d'entre elles ont été identifiées, 15 à l'aéroport et 13 dans le métro. Les trois auteurs des attentats, deux à l'aéroport et un dans le métro, ne sont pas inclus dans ce bilan.

Au total, seize des victimes identifiées sont de nationalité belge et les douze autres de huit nationalités étrangères (allemande, américaine, britannique, chinoise, française, italienne, néerlandaise et suédoise).

Le dernier bilan des autorités belges ne précise pas le nombre de blessés. Samedi, elles évoquaient 340 blessés, dont 101 étaient toujours hospitalisés.

De nouvelles perquisitions 

Treize nouvelles perquisitions ont été menées dimanche à Bruxelles et dans le nord de la Belgique, et quatre personnes étaient en garde à vue, selon le parquet fédéral qui n'a toutefois pas précisé si ces opérations étaient liées aux attentats les plus meurtriers depuis 1945 dans le royaume.

Les enquêteurs tentent toujours de confirmer si le seul suspect inculpé en lien direct avec les attaques djihadistes de mardi, Fayçal Cheffou, est bien, comme ils le pensent, «l'homme au chapeau» qui a déposé une bombe à l'aéroport de Bruxelles-Zaventem aux côtés des deux kamikazes, Ibrahim El Bakraoui et Najim Laachraoui.

Ces deux hommes, comme le kamikaze du métro Khalid El Bakraoui, sont étroitement liés aux commandos des attentats parisiens de novembre.

Une arrestation en Italie et une nouvelle inculpation en Belgique sont venues illustrer encore une fois l'imbrication des réseaux djihadistes français et belges, qui a éclaté au grand jour avec les tueries qui ont fait 130 morts le 13 novembre à Paris et 28 mardi à Bruxelles (sans les trois kamikazes djihadistes), selon un bilan révisé.

Un Algérien de 40 ans, Djamal Eddine Ouali, a été arrêté samedi en Italie à la demande de la justice belge. Il est soupçonné, selon la police italienne, d'appartenir à un réseau de faussaires de documents liés aux jihadistes parisiens et bruxellois.

Parallèlement, un second suspect a été inculpé en Belgique dans l'enquête, distincte, sur un projet d'attentat déjoué jeudi en France, a annoncé dimanche le parquet fédéral belge. L'inculpation d'Abderamane A. pour "participation aux activités d'un groupe terroriste" s'ajoute, dans cette nouvelle affaire franco-belge, à celle de Rabah N.

A Bruxelles, l'agitation passée, des dizaines de personnes ont continué à se relayer place de la Bourse en ce dimanche de Pâques.

«C'est une souffrance qu'on ne peut pas décrire. Je la partage avec toutes les familles des victimes à Paris, Tunis et ailleurs», a confié le journaliste belge Michel Visart, qui a perdu sa fille Lauriane dans l'explosion du métro, à la télévision RTBF pour laquelle il travaille.

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