Des manifestants hostiles au gouvernement pro-Pékin tentaient de pénétrer dans le parlement local de Hong Kong lundi en brisant des vitres alors que la police répond par des gaz lacrymogènes, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Les tensions ont de nouveau jailli dans le territoire semi-autonome de Hong Kong. Des manifestants hostiles au gouvernement se sont rassemblés tôt lundi sur de grandes artères de la ville, en amont d'un défilé pro-démocratie prévu pour le 22e anniversaire de la rétrocession du territoire à la Chine. Utilisant bâtons et gaz lacrymogènes, la police est rapidement intervenue, chargeant les jeunes protestataires qui avaient dressé une barricade dans le quartier de Wanchai, a constaté un journaliste de l'Agence France Presse (AFP).

Au moins trois avenues avaient été envahies par de jeunes manifestants masqués, qui y ont dressé un début de barricades, alors que l'intervention policière a eu lieu peu avant une cérémonie du drapeau prévue sur le front de mer lundi matin. L'anniversaire de la rétrocession, le 1er juillet, est l'occasion chaque année de manifestations pro-démocratie, avec pour revendication -entre autres- d'ouvrir le poste de chef de gouvernement à une élection directe. 

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Ces rassemblements ont attiré des foules importantes ces dernières années, notamment en 2014, où il s'était prolongé par le «mouvement des parapluies», mais Pékin n'a pas fait de concession. La manifestation pro-démocratie est prévue dans l'après-midi, sur le même trajet que celles gigantesques de juin, entre un parc du centre financier et le conseil législatif.

Discours de Carrie Lam

Cette fois-ci, la manifestation se déroule dans le contexte de la fronde généralisée contre le projet de loi sur les extraditions, mais aussi de colère contre les violences policières. Les manifestants exigent également la démission de la chef du gouvernement Carrie Lam, ainsi que la fin des poursuites contre les protestataires arrêtés ces dernières semaines.

Carrie Lam, qui bat des records d'impopularité, fait profil bas depuis qu'elle a dû suspendre son texte. Elle était présente à la cérémonie de lever des drapeaux, où son discours a été brièvement interrompu par un député de l'opposition qui a crié des slogans hostiles avant d'être évacué. «Ce qui s'est passé ces derniers mois a provoqué des conflits et des disputes entre le gouvernement et les habitants», a-t-elle reconnu. «Cela m'a fait comprendre qu'en tant que femme politique, je dois être consciente et totalement appréhender les sentiments du peuple.»

Parti du rejet du texte sur les extraditions, le mouvement de contestation s'est élargi à une dénonciation généralisée de l'action d'un gouvernement, auquel la majorité des Hongkongais ne font plus confiance, tant ils ont l'impression qu'il a permis, voire favorisé, l'érosion de leurs libertés par Pékin. Au terme de l'accord ayant présidé à la rétrocession, Hong Kong bénéficie de libertés inconnues dans le reste de la Chine, en théorie jusqu'en 2047, en vertu du principe «un pays, deux systèmes».