Le parlement chinois a adopté jeudi à la quasi-unanimité une disposition controversée sur la sécurité nationale à Hongkong, prise en réaction aux manifestations monstres de l'an dernier dans l'ancienne colonie britannique.

Sans surprise, les près de 3000 députés de l'Assemblée nationale populaire (ANP) ont adopté la mesure, qui a déjà provoqué un regain d'agitation dans la région autonome chinoise et enclenché un processus de sanctions de la part des Etats-Unis. Au total, la disposition a enregistré 2878 votes pour, 1 contre et 6 abstensions, a constaté un journaliste de l'AFP. L'annonce de son adoption a provoqué un tonnerre d'applaudissements.

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«Réprimer toute action qui menace gravement la sécurité nationale»

Le vote donne mandat au Comité permanent de l'ANP pour rédiger un projet de loi qui sera incorporé dans la mini-constitution de Hongkong, contournant ainsi le vote du Conseil législatif local.

Cette loi devra «empêcher, stopper et réprimer toute action qui menace gravement la sécurité nationale, comme le séparatisme, la subversion, la préparation ou la commission d'activités terroristes, ainsi que les activités de forces étrangères qui constituent une ingérence dans les affaires» de Hongkong, selon le projet qui avait été soumis à l'ANP.

Le projet prévoit aussi d'autoriser des organismes relevant du gouvernement central à ouvrir à Hongkong des antennes compétentes en matière de sécurité nationale. A Hongkong, les opposants démocrates à l'influence du gouvernement central dans le territoire affirment que la mesure ouvre la voie à une régression sans précédent des libertés dans la métropole financière de 7 millions d'habitants.

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Des députés pro-Pékin estiment eux qu'une loi sur la sécurité nationale va permettre de rassurer les investisseurs étrangers sur la stabilité après les manifestations monstres de 2019 qui ont entraîné de lourdes conséquences économiques.

Protestation des Etats-Unis

Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a laissé entendre mercredi que les Etats-Unis pourraient retirer en représailles à Hongkong le statut commercial préférentiel dont il bénéficie de la part de Washington.

Les Etats-Unis avaient par ailleurs demandé mercredi une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU sur cette loi, mais la Chine a refusé qu'elle se tienne, selon des diplomates. «Les Etats-Unis sont profondément préoccupés par les actions du Parlement chinois qui sapent fondamentalement le haut degré d'autonomie et les libertés découlant de la Déclaration sino-britannique de 1984 enregistrée comme un traité par l'ONU», a souligné dans un communiqué la mission américaine auprès des Nations unies.