«Impossible d’être optimiste avec le Parti communiste chinois. Ils feront pire que ce qu’on imagine», expliquait Jimmy Lai au Temps il y a deux ans. La fronde contre le pouvoir central chinois frémissait alors. Ce 8 juin 2019, malgré la touffeur tropicale et ses 71 ans, le farouche pourfendeur du régime communiste prend la pose devant la façade vitrée du parlement. A ses côtés, d’autres avocats acharnés de la démocratie. Ils font campagne contre un projet de loi autorisant les extraditions vers la Chine, une menace pour «ceux qui ont de l’argent et ceux qui ont des idées». Jimmy Lai a les deux. Pour autant, «jamais» le patron du groupe de presse d’opposition Next Digital n’utilisera son passeport britannique pour s’exiler. «Il faut rester, par dignité, et pour qu’il reste au moins un média pour défendre les libertés promises lors de la rétrocession», expliquait-il alors. Il est resté, le projet de loi a été retiré. Mais il en paye aujourd’hui le prix.

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