Cinq responsables du journal pro-démocratie de Hongkong Apple Daily ont été arrêtés jeudi en vertu de la «loi sur la sécurité nationale», ont annoncé la police et le média. Ils ont été interpellés au cours d'une descente dans les locaux d'Apple Daily «pour collusion avec un pays étranger ou avec des éléments externes visant à mettre en danger la sécurité nationale», a rapporté la police de Hongkong dans un communiqué.

Une source policière a confirmé à l’Agence France Presse (AFP) que les cinq personnes occupaient toutes des fonctions de direction au sein de Next Digital, maison mère d’Apple Daily.

Peu après, «les actifs de trois sociétés: Apple Daily Limited, Apple Daily Printing Limited et Apple Daily Intellect Limited ont été gelés» et ils «s’élèvent au total à 18 millions de dollars de Hong Kong (soit 2 millions d'euros)», a déclaré à la presse le commissaire principal Steve Li. Il s’agit de la première saisie d’actifs réalisée à Hongkong contre une entreprise de presse.

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La Bourse de Hongkong a annoncé la suspension des échanges d’actions Next Digital.

Les journalistes privés d'équipement

Le journal, qui a diffusé en direct sur Facebook des vidéos montrant le raid policier, a précisé que Ryan Law figurait parmi les personnes interpellées. Sur ces images, des policiers apparaissent en train d’installer un périmètre de sécurité et d’entrer dans le bâtiment.

Les policiers, venus en nombre, «sont arrivés vers 7 heures (1 heure jeudi en Suisse) ce matin, notre immeuble est assiégé», a indiqué un journaliste non identifié, entendu sur l’une des vidéos. «Nous pouvons désormais les voir transporter des boîtes avec du matériel dans leur véhicule.» «Les policiers nous empêchent d’utiliser une grande quantité de nos équipements. Mais nous pouvons encore conserver cette caméra qui diffuse en direct et notre site internet sera mis à jour», a poursuivi le journaliste.

Le rédacteur en chef de l’Apple Daily avait reconnu en mai à l’AFP que le journal était «en crise» depuis l’emprisonnement de son patron, assurant néanmoins que les journalistes étaient déterminés à continuer la publication. Au cours d’une récente discussion publique, des employés lui ont demandé que faire s’il était arrêté. «Diffusez-le en direct», avait-il répondu.

Le propriétaire du journal en prison

En un an, le climat politique s’est considérablement dégradé dans l’ancienne colonie britannique avec la répression implacable du mouvement pro-démocratie qui a mobilisé massivement dans les rues en 2019 la population contre les ingérences de Pékin.

Ces arrestations constituent la dernière opération policière en date visant le tabloïd, qui a apporté un soutien sans faille au mouvement pro-démocratie. Il s’agit du second raid visant Apple Daily en moins d’un an.

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Le milliardaire Jimmy Lai, propriétaire du journal, a été accusé de collusion après le raid mené en août. Il est actuellement emprisonné en vertu de plusieurs condamnations pour avoir participé à certaines des manifestations pro-démocratie ayant agité Hongkong il y a deux ans.

Les médias officiels accusent régulièrement Jimmy Lai d’être un «traître» et d’être l’instigateur de l’immense mouvement de contestation. Et de hauts responsables du Parti communiste le considèrent comme coupable de crimes envers la sécurité nationale.

La police a justifié par cette loi le gel en mai des comptes bancaires de Jimmy Lai et de sa participation majoritaire dans le capital de Next Digital. C’était la première fois que cette législation était utilisée pour geler la participation d’un actionnaire majoritaire d’une société cotée en Bourse.