Chan s’entraîne depuis des semaines dans sa chambre faute de pouvoir rejoindre ses copains dans des gymnases, fermés à cause du virus. Arts martiaux, entraînement de haute intensité, techniques d’autodéfense, tout est bon pour être «plus agile et pouvoir se battre quand les manifestations reprendront», explique le jeune homme, en première ligne lors des manifestations anti-Pékin de 2019. Justement, le retour de la confrontation s’esquisse à mesure que s’étoffe le programme des manifestations pour les semaines à venir. Chan, comme les autres opposants radicaux contactés, compte y participer, «sans stratégie claire» mais «déterminé à défendre Hongkong contre les autorités, qui prennent le virus comme prétexte pour nous opprimer et interdire les rassemblements».

Courant janvier, les opposants ont dû abandonner leur principale arme contre Pékin: la rue. Pétrifiés par la montée de l’épidémie en Chine continentale, ils ont cessé les manifestations de grande ampleur, alors qu'ils étaient encore plus d’un million, selon les organisateurs, à défiler le premier jour de l'an pour préserver le haut degré d’autonomie de leur région accordé lors de la rétrocession selon le principe «un pays, deux systèmes».