C’est dans les larmes et l’incompréhension que le verdict a été accueilli par plusieurs dizaines de sympathisants dans le tribunal de West Kowloon. A 24 ans, Joshua Wong, étudiant emblématique d’une jeunesse en rupture avec Pékin, va retourner une nouvelle fois en prison, condamné à 13,5 mois ferme. Sa comparse Agnes Chow, qui espérait fêter ses 24 ans jeudi chez elle, passera les dix prochains mois derrière les barreaux et Ivan Lam les sept prochains mois. Les trois militants ont été reconnus coupables d’avoir encouragé ou organisé une manifestation non autorisée l’année dernière, au début de la fronde démocratique contre le gouvernement central, largement étouffée depuis par la pandémie puis la loi draconienne sur la sécurité nationale.

Libertés en danger

Ce 21 juin 2019, des milliers de manifestants, galvanisés par les récentes manifestations monstres, occupent les abords du parlement local. Ils réclament l’abandon (obtenu depuis) d’un projet de loi autorisant les extraditions vers la Chine et les plaçant, estimaient-ils, à la merci du système judiciaire chinois opaque et sous influence du Parti communiste. Sous l’impulsion d’un petit groupe, dont Joshua Wong tout juste libéré de prison, certains encerclent des heures durant le quartier général de la police dans le quartier de Wan Chai.