Une nouvelle commission chargée de vérifier la probité des personnalités politiques a, pour la première fois jeudi, disqualifié un député de l’opposition. Il a perdu son siège «avec effet immédiat».

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Cheng Chung-tai, un des deux membres de l’opposition qui siégeait toujours au sein du Conseil législatif (Legco), le parlement de Hongkong, a été considéré comme déloyal en raison de ses déclarations et comportements passés, a déclaré à la presse l’ex-ministre de la Sécurité John Lee, à la tête de cette commission. «Je ne me laisserai pas tromper par les beaux discours de ceux qui prétendent être des alliés du gouvernement», a déclaré John Lee, également adjoint de la cheffe de l’exécutif Carrie Lam.

Cheng Chung-tai a «perdu son siège avec effet immédiat», a annoncé John Lee sans préciser ce que celui-ci a dit ou fait pour conduire à cette exclusion.

Plus qu’un seul député non fidèle à Pékin

Hongkong est l’objet d’une reprise en main musclée par le pouvoir central chinois, deux ans après l’immense contestation populaire de 2019.

La drastique loi sur la sécurité nationale, imposée en juin 2020 par la Chine ainsi que la campagne des autorités locales, baptisée «Hongkong dirigé par les patriotes», ont bâillonné le mouvement pro démocratie et conduit à une révision du système électoral.

Désormais, seul un député non fidèle à Pékin continue de siéger au sein du LegCo, partiellement élu au suffrage universel direct. En 2017, il a été reconnu coupable d’avoir «profané» les drapeaux chinois et hongkongais en les retournant pendant un débat.

Des élections législatives prévues en décembre

Cette exclusion augure du peu de figures de l’opposition qui se présenteront lors des prochaines élections législatives prévues en décembre. Moins d’un quart des députés seront élus directement et seules les personnes dont la probité politique aura été vérifiée pourront se présenter.

La dernière fois que les Hongkongais ont pu voter – pour les conseillers de district fin 2019 – les candidats pro démocratie avaient remporté une victoire écrasante. Comme en Chine, le Parlement de Hongkong ressemble à une chambre d’enregistrement où toutes les lois sont adoptées à la quasi-unanimité et où aucune opposition n’est acceptée.

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