«Hooligan» du plaisir

Feridun Zaimoglu, écrivain, 44 ans

Dès son premier roman Kanak Sprak, paru en 1995, Feridun Zaimoglu, fils d’un tanneur anatolien, se signale comme l’un des écrivains les plus innovateurs, mais aussi les plus provocants de sa génération. Il réinvente un slang agressif, saccadé et métaphorique, mélange de dialectes villageois et de langage des quartiers pauvres des grandes villes. Marginaux, émigrés, jeunes à la recherche de leur identité sont au cœur de son œuvre. Son deuxième livre, traduit en français sous le titre Racaille, la véritable histoire d’Ertan Ongun, prend comme matière l’histoire authentique d’un petit dealer d’origine turque. Il a publié une douzaine de romans sur le ton de la critique sociale, mais aussi un retour aux romantiques allemands dans Liebesbrand. Intellectuel engagé, Zaimoglu se revendique comme un «Kanak-Houellebecq», une sorte de «hooligan» du plaisir.